À la reprise de l’audience, Ary Chalus a chargé son ancien mandataire financier, Dominique Descombes, absent de l’audience. Il a affirmé avoir découvert cette affaire au Service régional de police judiciaire lorsqu’il a été convoqué et avoir été trahi par son mandataire. En fin d’audience le procureur général a demandé la requalification de certains faits tant pour Dominique Descombes que pour Ary Chalus.
Après une matinée aux allures de tour de chauffe, l’audience du procès en appel d’Ary Chalus a repris à 14h ce lundi 24 février et a connu de sérieuses embardées. Le président de Région est appelé à la barre. Il consulte des petites fiches devant lui, avant de répondre aux questions de la présidente et du procureur général. Selon lui, celui qui a trahi est Dominique Descombes, son ancien mandataire financier.
Mr Descombes a beaucoup menti. Il s’est fait construire une maison de 850 000 euros, je ne sais pas comment… Je n’ai jamais triché en politique ou aux dominos.
La Présidente a rappelé que Dominique Descombes était également trésorier de l’Alliance baie-mahaultienne et souligne qu’entre 2014 et 2016, Ary Chalus a récupéré 250 000 euros pour l’association. Elle lui demande d’expliquer pourquoi c’est lui qui a fixé le montant du don des entreprises. « Je n’ai jamais fait cela. C’est moi qui, en 2009, ai sauvé Destreland en empêchant les jeunes de brûler le centre. ». « Ce n’est pas l’objet de l’audience » lui répond la présidente.
À la question de pourquoi Mr Descombes vous a-t-il trahi ? Ary Chalus renvoie vers le Parti socialiste, partie civile dans ce dossier.
Je dois ma victoire aux régionales à ma seule popularité et non à un compte de campagne. Dans cette affaire, j’ai été piégé par ceux qui me traitaient de petit électricien qui s’habillait chez Barada. En 2021, j’ai tout gagné.
Le directeur de campagne d’Ary Chalus en 2015, Mr Georges Daubin, est appelé à son tour à la barre. Lui aussi affirme n’avoir pris aucune décision financière qui relevait du seul mandataire. « Je n’ai pas le souvenir qu’il m’ait averti, au contraire, il disait que tout allait bien. » précise-t-il.
En deuxième partie d’audience, c’est Fred Madinecouty, l’ex directeur général des services de la Communauté d’agglomération Grand Sud Caraïbes. Il reconnaît avoir recruté 26 agents sous CDD pour les espaces verts et pour participer à la campagne électorale de 2015. Neuf jeunes, notamment, prenaient leurs instructions auprès de feu Lucette Michaux-Chevry. L’ancien DGS rappelle son admiration pour la présidente décédée. « Elle n’avait qu’un seul défaut : elle était le chef et il fallait exécuter. C’était sa campagne à Basse-Terre. Il fallait qu’elle préserve son capital électoral pour sa fille Marie-Luce Penchard, 2ème sur la liste d’Ary Chalus. »
En fin d’audience, le procureur général, Eric Maurel, a finalement demandé que certains faits soient requalifiés. Pour Dominique Descombes, de complicité d’abus de confiance à abus de confiance. Pour Ary Chalus, d’abus de confiance à complicité d’abus de confiance.
Sur les bancs de la défense, on se rassure comme l’on peut. « Tout n’est pas perdu ».
L’audience a été suspendue. Reprise demain mardi 25 février à 8h30.
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