Le « Rapid Destroyer », cette arme britannique qui abat un drone pour quelques centimes – L’Express

Une nouvelle technologie d’armement électromagnétique prometteuse. En avril dernier, au Royaume-Uni, Thales UK a franchi une nouvelle étape avec son « Rapid Destroyer ». Grâce à cette arme à énergie dirigée par radiofréquence conçue pour contrer les essaims de drones, 80 drones ont été neutralisés lors d’essais menés avec l’entreprise britannique Teledyne e2v. « Ces tests approfondis (…) ont démontré la neutralisation quasi instantanée et systématique de chaque drone », indique le groupe Thales dans un communiqué publié le 2 juin. Un cap qui ouvre de nouvelles perspectives dans la lutte anti-drones.

Le « Rapid Destroyer » de Thales peut détruire une nuée d’appareils sans utiliser ni missile, ni munition. Cette arme les met hors d’état de nuire en émettant un faisceau d’ondes radio à haute intensité qui s’infiltre dans les composants des appareils visés. En d’autres termes, cette fréquence radio de haute puissance permet de désactiver ou de griller à distance les systèmes électroniques des drones. Cette arme n’a donc rien d’un brouilleur classique, qui se contente de couper le signal GPS ou radio pour désorienter l’appareil. Là où les systèmes existants se contentent de perturber les signaux, ce système frappe pour détruire. Cette précision a d’ailleurs progressé, avec une portée allongée et une frappe quasi instantanée qui ne laisse au drone aucune chance de repartir à l’attaque, relate le site spécialisé OpexNews.

Cette technologie est encore à ses débuts : le « Rapid Destroyer » est transporté à l’arrière d’un camion plateau et nécessite une grande quantité d’énergie, précise le Financial Times. Ce système ne remplace pas l’artillerie classique, mais il la complète. Un seul opérateur le pilote, épaulé par l’intelligence artificielle (IA).

Une technologie low cost

Son principal atout ? Son coût. Cette arme est en effet capable de neutraliser des essaims entiers de drones pour dix pence, soit seulement une douzaine de centimes d’euro. Sur le front de la guerre, comme en Ukraine, les nombreux drones petits et bon marché fabriqués à la chaîne constituent une cible difficile à atteindre. Il faut parfois utiliser un missile valant plusieurs centaines de milliers d’euros pour intercepter un appareil bon marché.

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En faisant ainsi chuter le coût de l’interception, Londres cherche à briser la logique économique des attaques de masse tout en renforçant le bouclier collectif de l’Otan. Porté par le ministère de la Défense britannique, le programme mobilise déjà plus de 135 emplois qualifiés outre-Manche, précise OpexNews.

Un caractère non sélectif inadapté à certains terrains

Le « Rapid Destroyer » n’est cependant pas la panacée. Si cette nouvelle technologie d’armement électromagnétique est efficace face à un essaim ennemi de drones, son caractère non sélectif la rend en revanche moins adaptée à la défense d’infrastructures, comme un aéroport, selon des experts.

« Les systèmes à micro-ondes de haute puissance constituent potentiellement un outil très efficace pour la défense contre un grand nombre de drones et potentiellement aussi contre les missiles de croisière, dans des circonstances où leur large cône d’effet ne crée pas plus de problèmes qu’il n’en résout », explique au Financial Times Justin Bronk du Royal United Service Institute de Londres. Une arme utile dans « certaines circonstances » donc, où elle « offre une augmentation significative des capacités de lutte contre les drones », mais en aucun cas une « solution universelle », précise ce spécialiste.

Sa portée plafonne autour d’un kilomètre, ce qui restreint son usage en haute altitude, relate OpexNews. Surtout, certains drones échappent au faisceau, comme ceux pilotés par fibre optique qui ignorent les ondes radio, tandis que d’autres embarquent des protections contre le brouillage ou des blindages électroniques.

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Cette nouvelle technologie vise à terme la défense antimissile. Comme le rappelle le Financial Times, l’US Navy a annoncé qu’elle testerait cette année une arme à micro-ondes de haute puissance, baptisée Projet Meteor, capable d’intercepter des missiles balistiques anti-navires à grande vitesse. D’autres pays, comme la France, ont quant à eux choisi d’autres voies. En août 2025, la Direction générale de l’armement (DGA) a commandé Syderal, un démonstrateur confié à MBDA, Safran, Thales et Cilas, qui mise cette fois sur le laser plutôt que sur les ondes radio, précise OpexNews. Attendu à l’horizon 2030, il devrait neutraliser drones, roquettes et obus de mortier.

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