La mesure de limitation du nombre d’élèves par classe au Cameroun, qui a été récemment réintroduite dans le contexte de la lutte contre la pandémie de Covid-19. Bien que cette mesure ait été justifiée par des raisons de santé publique, il est important de souligner que la limitation des effectifs en classe est également une réponse à une crise pédagogique qui sévit depuis des décennies dans le système éducatif camerounais.
Remontant à 1996, la mesure de limitation d’effectif par classe a été initialement introduite pour des raisons pédagogiques par le ministre de l’Éducation nationale de l’époque, Robert MBELLA MBAPPE. À l’époque, le Cameroun faisait face à une crise de son système éducatif, avec des salles de classe surpeuplées comptant souvent entre 75 et près de 150 élèves, bien loin des normes de l’UNESCO qui recommandent une taille de classe de 25 à 30 élèves.
Les enseignants, confrontés à des effectifs pléthoriques, étaient confrontés à des défis majeurs pour dispenser un enseignement de qualité. Non seulement ils devaient préparer leurs cours, les dispenser et évaluer les élèves, mais ils devaient également faire face à une charge de correction considérable. Dans ces conditions, il était difficile pour les enseignants de donner à chaque élève l’attention et le suivi nécessaires à leur réussite scolaire.
Cependant, la limitation des effectifs à 60 élèves par classe n’est pas sans poser de nouveaux défis. Les responsables de l’enseignement privé et confessionnel soulignent que cette limitation entraîne des pertes financières importantes pour les établissements, qui se retrouvent dans l’incapacité d’assumer les charges financières liées à leur fonctionnement. Il devient donc difficile de respecter les prescriptions du gouvernement en matière de limitation des effectifs.
Pour remédier durablement à cette situation, les spécialistes recommandent de consacrer des ressources suffisantes à la construction d’infrastructures scolaires et à la formation, au renforcement et au maintien du personnel enseignant et d’encadrement. En effet, l’explosion démographique au Cameroun a conduit à une augmentation significative du nombre d’élèves, tandis que les infrastructures et les capacités d’accueil des établissements scolaires n’ont pas suivi cette croissance.
Face à cette crise qui gangrène le système éducatif camerounais, des mouvements d’humeur du personnel enseignant et d’encadrement, tels que les OTS (On a Trop Supporté) et OTA (On a Trop Attendu), ont émergé pour exprimer leur mécontentement. Ces mouvements témoignent de l’urgence de prendre des mesures concrètes pour résoudre les problèmes structurels qui affectent l’encadrement pédagogique des élèves.
La limitation du nombre d’élèves par classe au Cameroun est une mesure nécessaire pour garantir la qualité de l’enseignement et la sécurité sanitaire des élèves. Cependant, pour surmonter les défis auxquels le système éducatif camerounais est confronté, il est essentiel d’investir dans la construction d’infrastructures scolaires, la formation des enseignants et le renforcement du personnel d’encadrement. Seule une approche globale et durable permettra de remédier à la crise qui persiste depuis trop longtemps.
Crédit: Lien source
Les commentaires sont fermés.