Les éducatrices immigrantes à la rescousse des garderies

Le secteur des garderies n’est pas immunisé contre la pénurie de main-d’œuvre au Nouveau-Brunswick. Dans la dernière année, une éducatrice sur quatre a quitté le domaine de la petite enfance pour aller dans le milieu de l’éducation.

Les garderies dépendent donc de l’immigration pour pourvoir les postes vacants.

À la garderie Univers d’enfants à Moncton, 90 % des employés embauchés dans les trois dernières années sont des personnes issues de l’immigration. Toutefois, l’intégration à un nouveau milieu de travail et à un nouveau pays ne se fait pas sans défis.

Chaimaa Abdelmalki est arrivée du Maroc il y a trois ans. Après avoir travaillé deux ans dans une garderie francophone à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, elle a été embauchée à la garderie Univers d’enfants. Elle est titulaire d’un diplôme en technique spécialisée en éducation au Maroc.

C’est l’intégration à différentes cultures. Sachant bien que je suis une personne ouverte, mais la transition d’un pays à un autre pays c’est toujours un peu difficile au début, témoigne-t-elle.

Sara El Kalkoli, quant à elle, n’a pas étudié dans le domaine de la petite enfance. Au Maroc, elle était ingénieure automobile, un milieu dans lequel elle a travaillé pendant cinq ans.

Sara El Kaloli était ingénieure automobile au Maroc.

Photo : Radio-Canada / Allie Chouinard

Le premier défi c’est la langue. Même si l’on parle français, ce n’est pas nécessairement le même français […] Des mots comme un cartable ici, ce n’est pas comme cartable chez nous. C’était le premier défi de saisir bien le langage, témoigne-t-elle.

Sara El Kalkoli aimerait suivre le cours d’Éducation à l’enfance au CCNB dans le futur.

Pour tenter de faciliter l’intégration des éducatrices immigrantes, la garderie Univers d’enfants a offert des ateliers à ses employés.

Dans les derniers mois, on a fait appel au CAFI qui nous a donné un coup de pouce. Ils sont venus à une rencontre du personnel pour donner une session d’information sur la diversité culturelle. C’est quelque chose qui nous a grandement aidés à voir leur perspective, explique la propriétaire Annick Beaulieu.

Annick Beaulieu

Annick Beaulieu est la propriétaire de la garderie Univers d’enfants à Moncton.

Photo : Radio-Canada / Allie Chouinard

Selon la directrice générale de l’Association francophone des garderies éducatives du Nouveau-Brunswick, avoir des éducatrices provenant de partout dans le monde est bénéfique pour les enfants.

Nos enfants dans la province sont chanceux d’avoir une ouverture directe sur le monde, raconte Sylvie Lang, la directrice générale de l’association.

Une baisse de l’immigration qui inquiète

Le gouvernement fédéral a annoncé réduire de moitié le nombre de places attribuées aux provinces de l’Atlantique en matière d’immigration. Cela inquiète l’Association francophone des garderies éducatives au Nouveau-Brunswick.

Selon l’association, Destination Canada fait des missions de recrutement dans des milieux francophones pour des travailleurs dans le secteur de l’éducation et de la petite enfance.

De plus en plus, on se rend compte que si ce n’était pas du recrutement avec Destination Canada […] on serait en pénurie beaucoup plus marquée que l’on est maintenant, explique Sylvie Lang.

Au début du mois, le ministre responsable de l’immigration au Nouveau-Brunswick, Jean-Claude d’Amours, a indiqué que la province allait privilégier les secteurs de la santé, de l’éducation et des métiers de la construction dans l’étude des dossiers des candidats à l’immigration.

Crédit: Lien source

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.