L’industrie touristique mise sur un boycottage des voyages aux États-Unis

L’industrie touristique du Nouveau-Brunswick veut profiter du mécontentement exprimé par les Canadiens envers les États-Unis.

Le pays risque de se voir imposer des tarifs douaniers par le gouvernement américain, et sa souveraineté est régulièrement tournée en ridicule par le président Donald Trump. Selon un sondage Angus Reid, près de la moitié des Canadiens disent vouloir annuler ou repousser leur voyage aux États-Unis.

Selon Marc-Antoine Vachon, titulaire de la Chaire de tourisme Transat de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), la situation actuelle représente un réel potentiel pour l’industrie du tourisme.

Convaincre les Canadiens de ne pas visiter les États-Unis est une chose, mais les convaincre de voyager au pays plutôt qu’ailleurs ne se fera cependant pas sans effort, prévient-il.

On peut penser que le tourisme local peut se tailler une certaine part du lion, mais les intentions d’aller ailleurs sont là aussi, dit-il. On ne peut pas être attentiste. Les associations touristiques régionales, sectorielles, doivent faire leur travail.

Au Nouveau-Brunswick, la ministre du Tourisme, Isabelle Thériault, dit vouloir tirer profit de la situation. Des campagnes de promotion touristiques ont déjà été lancées, notamment au Québec, en Ontario et aux États-Unis.

Un début d’intérêt

Annie Plourde, copropriétaire du Phare des dunes, à Val-Comeau, au Nouveau-Brunswick, n’est pas prête à crier victoire. Elle dit constater quelques signes, mais attend de voir du mouvement concret.

J’ai l’impression qu’il y a comme un intérêt, déclare-t-elle. Beaucoup de demandes d’information, peu de réservations. Comme si les gens sont un peu en suspens.

Ils attendent de voir ce qu’il s’en vient, ce qui va se produire, pour pouvoir prendre une décision pour leurs vacances d’été, avance-t-elle.

La frontière du Nouveau-Brunswick avec le Québec sur la route 2, le 3 août 2023.

Photo : Radio-Canada / Yves Levesque

Au Camping la vague, à Miscou, les propriétaires disent que les demandes de réservations ont augmenté, comparativement à l’année dernière.

Il y en a beaucoup quand même qui mentionnent spécifiquement qu’ils ont changé d’aller aux États-Unis pour rester au Canada pour l’été, a dit le gérant Maxime Gionet-Lavigne, en entrevue, jeudi.

Marc-Antoine Vachon avertit que les perturbations économiques qui pourraient suivre d’éventuels tarifs douaniers américains risquent aussi de couper les ailes au secteur touristique.

Le voyage, ça fait appel au revenu discrétionnaire, alors quand on est dans l’incertitude au niveau économique, on se demande : mon revenu discrétionnaire, il va encore être disponible dans six mois?, dit-il.

D’après le reportage de Katherina Boucher

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