Littérature : Dr Youssouf Ouattara décline des mécanismes de financement de la lutte contre le terrorisme dans son dernier ouvrage
« Financement de la lutte contre le terrorisme au Burkina Faso : Economie politique d’une résilience nationale ». Tel est le titre de l’œuvre dédicacée par Dr Youssouf Ouattara, ce jeudi 21 mai 2026, à Ouagadougou. Dans ce document de plus de 200 pages, l’auteur, en tant qu’acteur de finance publique, décline comment, à partir d’un acte qui peut paraître banal, chaque Burkinabè contribue à repousser la menace.
Il propose par la même occasion des mécanismes pour assurer la pérennité de ce financement effectué par la population, lesquels se fondent sur la transparence et la redevabilité. Le livre est disponible à la librairie Mercury au prix de 10 000 francs CFA.
« Comment les Burkinabè financent la lutte contre le terrorisme ? » Voilà à l’origine le titre de l’œuvre de M. Ouattara. Si certains écrivains partent d’abord d’un texte avant de parvenir au final au titre, l’administrateur civil dit avoir procédé par l’opération inverse. Le contenu de son livre est inspiré de ses expériences vécues sur le terrain. De sa position d’acteur des finances publiques, l’homme dit être passé à celle d’observateur, pour mieux étudier le phénomène du terrorisme. C’est ainsi qu’il passera au crible de son étude la gouvernance des présidents qui ont géré le Burkina Faso, depuis les prémices du terrorisme.
Son étude a consisté à observer de ce fait le budget de l’État depuis 10 ans, et à questionner les leviers actionnés par les différents dirigeants pour financer cette guerre imposée aux Burkinabè. Par ailleurs, il établit une comparaison entre certains pays qui traversent la même situation que le Burkina Faso, et souligne à cet effet les quelques différences de mécanismes avec ceux du Burkina. Il relève, entre autres, dans certains pays, que l’État est puissant, toute chose qui l’emmène à toujours trouver les moyens de repousser le terrorisme. Ces moyens sont, entre autres, militaires et technologiques. Par ailleurs, l’écrivain souligne la prévalence du droit dans ces États, qui agit toutes les fois où les lois sont transgressées, ou toutes les fois où des actes déviants tendent à enliser le phénomène.
L’éditeur de l’œuvre est la librairie Mercury, dont le premier responsable est Thierry Millogo

Rappelons que la version anglaise de ce document est en cours d’édition car, souligne l’auteur : « il est bon que l’on apprenne à raconter notre histoire au monde dans le langage et la langue que le monde comprend. » Par cette œuvre, Dr Youssouf Ouattara veut apporter sa contribution au débat sur l’autofinancement de l’État dans un contexte difficile. « Bien souvent, on a pensé que l’État doit se financer par le budget, par l’impôt, par l’aide au développement. Mais le Burkina a montré qu’au-delà de l’instrument budgétaire, l’État peut se développer autrement », a laissé entendre l’auteur. Et c’est cela qui constitue l’ossature de son ouvrage.
« Il n’y a pas de souveraineté politique sans souveraineté budgétaire », est l’une des conclusions auxquelles parvient l’auteur, selon Abdoulaye Tao
Dr Ouattara, spécialiste du développement local, s’est voulu sobre dans le choix des mots, très précis, pédagogique, toute chose qui facilite la lecture de l’ouvrage, estime le critique de l’œuvre, Abdoulaye Tao. Il indique que l’œuvre est structurée en deux parties : la première présente le terrorisme, son origine et ses manifestations. « Elle permet de fixer l’ampleur du problème », explique M. Tao. Dans la seconde partie, cœur même de l’œuvre, l’auteur effectue une analyse des instruments de financement de la lutte contre le terrorisme qui sont mis en œuvre au Burkina Faso.
Erwan Compaoré
Lefaso.net
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