«La loi, c’est la loi», disait Séraphin Poudrier, le légendaire personnage de l’écrivain Claude-Henri Grignon. Et à Hautes-Terres comme dans les Pays d’en haut, ce principe a été respecté quand il a fallu déclarer vacant le poste que détenait jusqu’alors le conseiller municipal Louis LeBouthillier.
L’absence prolongée du conseiller a fait l’objet d’un long débat, mardi, à Paquetville, lors de la réunion ordinaire mensuelle des Hautes-Terres.
Rappelons que l’an dernier, le conseiller du quartier 6 (Saint-Isidore), Louis LeBouthillier, à qui la municipalité reprochait plusieurs infractions au code d’éthique, avait été sommé par le maire Denis Landry de faire des excuses «verbales ou par écrit».
M. LeBouthillier avait d’abord répondu par le dépôt d’une poursuite judiciaire contre la Ville, ce qui n’avait toutefois pas levé l’obligation qui lui avait été imposée de produire des excuses.
Sommé de s’exécuter, lors des réunions ordinaires des 22 octobre et 26 novembre, il avait chaque fois refusé d’obtempérer, ce qui lui avait valu d’être expulsé.
Depuis, il ne s’est présenté à aucune réunion municipale des Hautes-Terres.
Mardi, s’il était de retour à l’édifice Nancy Lainey-Thériault, c’était pour apprendre qu’on allait déclarer son poste vacant.
Le maire a alors expliqué que la Loi sur la gouvernance locale établissait qu’un poste de conseiller devenait vacant lorsque l’élu en question omettait de se présenter à quatre réunions ordinaires consécutives, sinon quand il manquait, durant deux mois, à toutes les réunions auxquelles il était convoqué.
«Celui-ci (le conseiller) doit demander la permission de s’absenter au conseil, ce que le conseiller LeBouthillier n’a pas fait, a dit M. Landry. Il n’a répondu à aucun courriel demandant de confirmer sa présence aux réunions et n’a fourni aucune explication relativement à son absence, ni au maire, ni au bureau de la greffière.»
Hésitations
Alors qu’une tension était déjà palpable, une certaine confusion n’a fait que la nourrir. Pendant un bref instant, nul ne semblait savoir si M. LeBouthillier pouvait participer au débat qui allait décider de l’état de son poste.
Invité à prendre la parole, le conseiller de Saint-Isidore, commençait à peine à s’adresser «aux gens qui sont dans la salle», selon ses propres termes, lorsque le conseiller Albert Lagacé a demandé si son homologue avait droit de parole sur une proposition qui le concernait directement.
«Est-ce qu’il y a un conflit d’intérêt? On n’est pas ici dans un débat; on n’est pas dans une cour», a lancé M. Lagacé.
Le maire s’est dit d’accord et a invité ce dernier à lire la proposition destinée à créer la vacance du poste du conseiller qui a été mis sur la sellette. Lorsqu’un appui fut sollicité auprès du conseil, un silence lui a répondu. Au troisième appel, un conseiller accepta enfin d’ajouter sa voix à cette démarche.
M. LeBouthillier avant de sortir pour le vote, qui allait déclarer le poste vacant, a justifié ses absences répétées en arguant qu’il avait deux fois été chassé parce qu’il refusait de s’excuser, et qu’il était devenu inutile à ses yeux de poursuivre plus longtemps ce petit manège.
Il a aussi annoncé que la cour allait tenir audience dans deux mois.
«Je n’ai pas l’intention, tant qu’il n’y aura pas la cour, au mois de juin, de venir ici et de repartir par après.»
Le vote du conseil a reconnu la vacance du poste du conseiller, pour respecter la loi, stricto sensu.
En entrevue après la réunion, le maire Landry a confirmé avoir discuté de l’élection pour pourvoir le poste avec le ministre de la Gouvernance locale.
Des élections n’auront pas lieu avant le printemps 2026, a-t-il indiqué.
Et M. LeBouthillier pourra soumettre son nom comme candidat, s’il le désire, a repris M. Landry.
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