L’Union africaine (UA) a envoyé une délégation du Groupe des Sages à Juba pour renforcer les efforts de médiation et soutenir la mise en œuvre de l’Accord revitalisé sur la résolution du conflit au Soudan du Sud. L’UA appelle toutes les parties à respecter cet accord. Malgré l’accord de paix de 2018, des tensions persistantes entre Salva Kiir et Riek Machar alimentent l’instabilité, perturbant la vie des citoyens et les efforts internationaux pour la paix.
La Commission de l’Union africaine (UA) a déployé une délégation de haut niveau du Groupe des Sages à Juba, la capitale du Soudan du Sud, pour répondre à l’instabilité persistante qui secoue le pays. Cette mission intervient dans un contexte politique et sécuritaire tendu, où les tensions entre les factions rivales continuent de nourrir les violences. Le Groupe des Sages, un organe consultatif de l’UA, est composé de cinq membres, chacun ayant été désigné pour un mandat de trois ans. Sa mission est de faciliter la résolution des conflits en Afrique, et son implication dans la crise du Soudan du Sud témoigne de l’engagement de l’Union africaine à apporter des solutions durables aux problèmes du pays.
Tensions persistantes et des violences sporadiques
L’objectif principal de la mission du Groupe des Sages est de renforcer les efforts de médiation en cours et de soutenir la pleine mise en œuvre de l’Accord revitalisé sur la résolution du conflit au Soudan du Sud (R-ARCSS). Cet accord, signé en 2018, visait à mettre fin à la guerre civile qui opposait les forces loyales au Président Salva Kiir et celles de son ancien Vice-président Riek Machar. Cependant, malgré cet accord de paix, des tensions persistantes et des violences sporadiques continuent de déstabiliser le pays. L’UA appelle donc toutes les parties à respecter les engagements pris dans le cadre de l’accord R-ARCSS, afin de garantir la paix et la stabilité dans la région.
Dans son communiqué, l’Union africaine souligne également sa coopération avec des partenaires régionaux et internationaux clés, tels que l’Autorité intergouvernementale sur le développement (IGAD), la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE) et les Nations Unies. Ces institutions collaborent activement pour soutenir le processus de transition du Soudan du Sud vers une démocratie et une paix durables. Cette coopération multilatérale vise à apporter une réponse cohérente et coordonnée à la crise, en renforçant les efforts de médiation et en offrant un soutien technique et politique au gouvernement sud-soudanais.
Un conflit qui a fait près de 400 000 morts
Le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, a rencontré le président Salva Kiir pour discuter de l’escalade de la situation politique et sécuritaire au Soudan du Sud. Au cours de ces discussions, Youssouf a exprimé ses préoccupations concernant les violences récentes, en particulier dans le comté de Nasir, situé dans l’État du Haut-Nil. Ces affrontements ont fait de nombreuses victimes, et plusieurs figures politiques de haut rang, y compris le premier vice-président Riek Machar, ont été arrêtées. Depuis le début des affrontements en janvier, les tensions entre les Forces de défense du peuple du Soudan du Sud et les combattants de l’opposition ont entraîné une série de pertes humaines et une détérioration de la situation sécuritaire.
Le Soudan du Sud, qui a acquis son indépendance en 2011, a été le théâtre d’une guerre civile dévastatrice entre les forces loyales au Président Kiir et celles de l’ex-Vice-président Machar. Ce conflit a fait près de 400 000 morts et déplacé des millions de personnes. Bien que l’accord de paix de 2018 ait permis de stopper les combats ouverts entre les deux factions, la méfiance persistante et les rivalités entre Kiir et Machar continuent d’entraver la stabilité politique du pays. Les relations entre ces deux leaders, qui dominent la vie politique du Soudan du Sud depuis de nombreuses années, demeurent tendues et compliquent la réconciliation nationale.
Crédit: Lien source