Main basse chinoise sur la Guinée : la corruption prospère

Drapeau de la Guinée

Un accord sino-guinéen refait surface en Guinée, sur fond de corruption.

Une affaire de corruption datant de près de trente ans refait surface en Guinée, mettant en cause d’anciens responsables gouvernementaux. Les faits remontent à 1997, lorsque le gouvernement guinéen a signé un accord de coopération en matière de pêche avec l’un des plus gros armateurs chinois. Cette procédure judiciaire implique plusieurs anciens ministres, dont Ousmane Kaba, accusé de production de faux documents, qui affirme son ignorance des faits : « Je ne suis au courant de rien. C’est une affaire qui date de 30 ans. »

Un schéma bien rodé, le pillage des ressources par la Chine

Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de corruption répétée impliquant des entreprises chinoises en Guinée et sur tout le continent africain, laissant penser à une véritable méthode d’accaparement des ressources en Afrique. Concernant la pêche, la société China National Fisheries est actuellement accusée de corruption. En 2023, l’ex-ministre des Mines, Moussa Magassouba, aurait reçu un demi-million d’euros d’un entrepreneur chinois en échange d’avantages sur des concessions minières.

En 2017, des acteurs chinois avaient déjà été mis en cause pour des pratiques illégales dans l’attribution de contrats miniers, notamment à travers des pots-de-vin et des arrangements opaques avec des hauts fonctionnaires. Ces transactions douteuses avaient suscité de vives réactions au sein de la société civile et des organismes de lutte contre la corruption. D’autant plus que cette prédation des ressources se fait parfois avec la complicité des élites qui bradent les richesses du pays pour servir des intérêts personnels.

Cette affaire a renforcé les craintes quant à une emprise économique croissante de la Guinée vis-à-vis de son partenaire chinois qui ne se limite pas au pillage de ressources et de la corruption : la Guinée fait face au « piège de la dette chinois », au même titre que de nombreux autres pays africains.

Ainsi la Chine détiendrait plus de 70 % de la dette guinéenne, plaçant le pays dans une situation de vulnérabilité économique voire même d’asservissement financier, qui peut conduire à la perte des principaux actifs du pays au profit de la Chine, comme cela pourrait être prochainement le cas au Kenya. Cette dynamique à double tranchant « corruption – endettement » n’a pour effet que l’enrichissement des élites dirigeantes et l’appauvrissement des populations.


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