Mali-Algérie : vive tension après un espoir de rapprochement | APAnews

Alors que la nomination du général Mohamed Amaga Dolo comme nouvel ambassadeur du Mali en Algérie semblait ouvrir la voie à un apaisement, la destruction d’un drone malien à la frontière relance les tensions entre Bamako et Alger.

Dans la nuit du 31 mars au 1er avril, le ministère algérien de la Défense a annoncé avoir abattu un « drone armé de reconnaissance » ayant pénétré de « deux kilomètres » dans l’espace aérien algérien, près de Tinzaouatène. Sans nommer explicitement le Mali, Alger a présenté l’opération comme un acte de vigilance et de protection du territoire national.

L’état-major général des armées maliennes a confirmé la perte d’un « aéronef sans pilote appartenant aux FAMa », affirmant qu’il s’était écrasé en raison d’une défaillance technique. De son côté, le Front de libération de l’Azawad (FLA), un groupe armé actif dans le nord du Mali, a revendiqué la destruction d’un drone de type Akinci, affirmant avoir déjà abattu plusieurs appareils maliens.

Un contexte diplomatique tendu

Cet incident survient alors que les relations entre les deux pays se sont fortement dégradées depuis fin 2023. La crise est née avec l’accueil à Alger de l’imam malien Mahmoud Dicko par le président Tebboune, perçue comme une ingérence par Bamako. S’en est suivi le rappel des ambassadeurs, puis l’annulation par le Mali de l’accord de paix d’Alger de 2015 en janvier 2024, dénonçant des « actes d’hostilité ».

En août 2024, la tension a encore monté d’un cran lorsque l’Algérie a critiqué les opérations militaires maliennes aux Nations Unies, une position rejetée par Bamako comme une « propagande terroriste ». Plus récemment, les deux pays se sont affrontés verbalement sur la stratégie anti-terroriste au Sahel : Alger défend une approche politique tandis que le Mali mise sur l’option militaire, notamment à travers l’Alliance des États du Sahel (AES) avec le Burkina Faso et le Niger.

Un rapprochement remis en question

Le 20 février 2025, Assimi Goïta avait reçu en audience Mohamed Amaga Dolo, nouvel ambassadeur désigné en Algérie. Ce dernier a officiellement présenté ses lettres de créance au président Tebboune le 18 mars, affichant une volonté de dialogue malgré les tensions. Les échanges avaient mis en avant les « liens historiques et géographiques » entre les deux nations et la nécessité de coopérer face aux défis communs.

Cependant, l’incident du 31 mars risque de remettre en cause cet effort diplomatique. À ce stade, aucune version officielle ne permet de trancher sur l’origine de la destruction du drone, plusieurs hypothèses s’opposant : défaillance technique selon Bamako, neutralisation par la défense aérienne algérienne ou attaque revendiquée par le FLA.

Si le dialogue semblait amorcé, ce nouvel épisode pourrait accentuer la méfiance entre les deux voisins, dans un contexte où la situation sécuritaire au nord du Mali reste explosive.

AC/Sf/APA

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