Maxime Bernier à la rencontre de ses partisans à Moncton: «Il est sincère»

Maxime Bernier est un populiste et il l’assume pleinement.

Le chef du Parti populaire du Canada (PPC) était de passage à Moncton, mardi soir, pour casser la croûte et jaser avec la trentaine de partisans réunis au Gallagher’s Irish Pub.

Le politicien québécois est convaincu que sa voix et celle de son parti sont cruciales dans le paysage politique canadien.

«Nous parlons des vrais enjeux, des questions qui sont tabou pour les partis de l’establishment. On a commencé à parler d’immigration en 2019 et on nous traitait de racistes. On ne nous a pas écoutés et on s’aperçoit aujourd’hui qu’on avait raison», raconte-t-il.

«Nous sommes une voix différente des autres partis. On incarne le vent de populisme qu’on voit un peu partout en Europe et je pense que nous avons un grand rôle à jouer.»

Le PCC compte présentement des candidats dans 9 des 10 circonscriptions au Nouveau-Brunswick. Ailleurs dans les Maritimes, le portrait est complet.

«Il nous en manque un et ça devrait se régler cette semaine», souligne-t-il.

Ses deux principaux chevaux de bataille sont l’immigration et les tarifs.

Il affirme que l’électorat est réceptif à son discours sur ces deux questions importantes.

«Je dirais que mon message est bien reçu. Je suis le seul chef de parti qui parle sérieusement de l’immigration. Il faut avoir un moratoire, une pause. On n’est pas capable d’intégrer les gens qui viennent ici», explique-t-il.

«Ce sont les libéraux qui ont créé la crise, ce n’est donc pas eux qui vont la régler.»

Prudence avec les contre-tarifs

Maxime Bernier estime que les préoccupations des électeurs et des électrices du Nouveau-Brunswick sont les mêmes qu’ailleurs au pays.

«Tout le monde se rend compte qu’on s’est appauvris au cours des 10 dernières années. C’est une réalité. Notre produit intérieur brut a grossi parce que nous sommes plus de monde, ce qui a fait croître l’économie. Mais le produit intérieur brut per capita a diminué parce que la croissance de la population a été plus rapide que la croissance de l’économie.»

Le chef du PCC croit que ce message demeure porteur auprès des Canadiens, malgré la tornade provoquée par Donald Trump.

Selon lui, les tarifs imposés par le Canada aux États-Unis feront surtout mal au nord de la frontière.

«Les tarifs vont nous nuire à nous, les Canadiens, pas à M. Trump. L’économie américaine est 10 fois plus grosse que la nôtre. L’impact est minime sur les Américains.»

S’il avait été premier ministre, il aurait prôné la prudence.

«J’ai toujours dit qu’il ne fallait pas imposer des tarifs et des contre tarifs, des tarifs de représailles. C’est nous qui allons payer pour en fin de compte», affirme-t-il.

«Et là, Poilievre et Carney nous disent: on vous aime tellement les Canadiens et on veut tellement défendre le pays qu’on va vous imposer une nouvelle taxe de 25%. C’est complètement ridicule», ajoute le chef du Parti populaire du Canada.

«Moi, j’aurais invité Trump à venir s’asseoir à la table rapidement, renégocier tout de suite cette entente-là qui va prendre fin en 2026. On devrait tout mettre sur la table, incluant la gestion de l’offre et l’industrie automobile», explique-t-il.

«Le président américain parle de réciprocité des tarifs. Moi, j’aimerais le prendre au mot en n’imposant aucun tarif aux États-Unis et en l’invitant à faire la même chose. C’est ça qu’il faut faire. On doit avoir un véritable libre-échange.»

La guerre en Ukraine: trop cher

Quant à la guerre en Ukraine, Maxime Bernier aurait préféré investir l’argent ici au Canada.

«On a envoyé 20 milliards $ là-bas et Poilièvre voulait qu’on en envoie encore plus. Le Canada est cassé. On aurait pu aider bien des Canadiens avec cette somme.»

Même si son parti fait encore chou blanc lors de cette élection (le PCC n’a pas réussi à faire élire de député depuis sa création en 2018), Maxime Bernier affirme qu’il ne lancera pas la serviette.

«Je ne sais pas où on est dans les sondages. On ne fait pas de sondages. On a eu 5 % des voix à la dernière élection et je pense que nous serons capables de doubler ça. Si nous sommes à 10%, nous aurons certainement nos premiers candidats élus», souligne-t-il.

«Et si ce n’est pas le cas, ce parti sera encore là pour l’élection de 2029. Je serai là avec les mêmes idées. Plus on parle de nos idées et plus nous avons des appuis.»

Des partisans convaincus

Ses supporters ne sont pas légion au Nouveau-Brunswick, mais ils sont fidèles.

Diane Siemens n’allait pas rater cette occasion de jaser avec son chef.

1 avril 2025 Maxime Bernier.
Maxime Bernier discute avec Diane Siemens. Acadie Nouvelle : Stéphane Paquette

«Ma fille s’est retrouvée en chaise roulante à la suite de complications après avoir reçu des vaccins pour la COVID-19 et Maxime Bernier est le seul qui nous a rejoints pour nous parler», raconte la dame originaire de Néguac.

«Nous sommes tannés des libéraux et nous l’appuyons à 100%. On a pensé aux conservateurs, mais ils se tirent la balle l’un et l’autre. Maxime a les deux pieds sur terre et il est sincère.»

Sa fille Jasmine est aussi devenue une adepte du PPC.

«C’est le seul politicien qui a voulu m’aider. Il a pris le temps de m’écouter et j’ai beaucoup apprécié. Il a dit qu’il allait partager mon histoire partout à travers le Canada», raconte la jeune femme âgée de 20 ans.

Natasha Peterson avait aussi hâte de rencontrer son chef.

«Maxime fait ce qu’il dit. Ce n’est pas seulement un amas de promesses vides. Quand il dit quelque chose, il le fait», avance la résidente de Moncton.

«C’est aussi quelqu’un qui est à l’écoute des gens. Il s’intéresse à ce qu’ils ont à dire. Maxime s’en tient au fait et ne tombe pas dans les campagnes de peur des autres partis. Je ne suis pas d’accord avec tout ce qu’il dit, mais au moins, j’apprécie le fait qu’il est honnête.»

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