Avec la condamnation à six mois de prison ferme de l’ancien entraîneur de l’équipe nationale de taekwondo, accusé par une athlète de harcèlement sexuel. C’est la première fois qu’un procès de ce genre se tenait dans le pays… où la parole des victimes commence à se libérer.
Mais la plaignante et la Ligue ivoirienne des droits des femmes regrettent que l’ex-entraineur ait été reconnu coupable de harcèlement moral, et non de harcèlement sexuel.
A la sortie de la salle d’audience, Mariama Cissé a longuement enlacé sa famille et ses amis venus la soutenir. Un peu plus d’un an après sa plainte pour harcèlement sexuel, la taekwondoïste de 26 ans est soulagée de voir son ancien entraîneur enfin condamné… même si celui-ci est uniquement reconnu coupable de harcèlement moral…
« Par la grâce de Dieu, on a pu avoir la victoire. Parce que ce n’est pas moi-même qui ai eu cette victoire-là. Toutes ces filles qui n’ont pas pu parler aujourd’hui. Je pense que ce combat-là va interpeller d’autres personnes, même si ce n’est pas dans le milieu du taekwondo. On n’est pas condamnés à vivre cette situation. Donc, si on a l’occasion de parler, il faut qu’on parle. Parce que le pire, c’est de ne pas essayer. »
L’athlète, médaillée de bronze aux championnats d’Afrique 2022, accuse son ex-entraîneur d’avoir bloqué sa carrière après avoir refusé ses avances. Alors que Tadjou Attada ne la sélectionnait plus en équipe nationale, Mariama Cissé a brisé l’omerta et a écrit, en décembre 2023, à la fédération, au Comité national olympique et au ministère des sports, pour dénoncer les agissements du coach. La fédération a rapidement suspendu l’entraîneur ainsi que le directeur technique national et une enquête a été ouverte.
Mariama Cissé n’est pas la seule concernée. D’autres athlètes disent anonymement avoir vécu harcèlement et violences sexuelles de la part de ce même entraîneur. Lors du procès, Audrey Aka Chia, une taekwondoïste de 25 ans, a elle pris la parole et témoigné des attouchements qu’elle avait subi alors qu’elle avait 18 ans :
« Il y a eu des attouchements. Quand je suis partie, il m’entraînait en salle. Après ça, il me disait de venir dans sa chambre et tout. Chose que je n’ai pas voulu. Il faisait tout pour me rabaisser, il faisait tout. Je pleurais, même à tout moment que je partais, je pleurais. J’avais des esprits suicidaires, même parce que je n’arrivais pas à supporter ça. »
Mais faute d’éléments tangibles à caractère sexuel, l’affaire a finalement été requalifiée en harcèlement moral. L’ancien entraîneur a donc été condamné à 6 mois de prison contre les 12 mois qui avaient été requis.
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