Fortement opposé au projet de centrale au gaz à Tantramar, le Conseil des médecins et des dentistes (CMD) du Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont de Moncton réclame dans une lettre publique une enquête indépendante sur les options énergétiques au Nouveau-Brunswick.
La missive arrive quelques jours après que la Commission de l’énergie et des services publics du Nouveau-Brunswick ait approuvé la centrale au gaz à Tantramar, une étape importante vers la concrétisation de ce projet.
La porte-parole du conseil, Dre Geneviève Côté, avance que les orientations énergétiques actuellement envisagées pour la province sont nuisibles à la santé de la population. Le CMD réitère qu’un vaste consensus scientifique a démontré que l’utilisation des combustibles fossiles constitue une source importante de pollution atmosphérique.
Avec les énergies fossiles, on crée plus de maladies cardiovasculaires, pulmonaires et on augmente les consultations urgentes et les hospitalisations
, note Geneviève Côté.
Le conseil craint que la centrale au gaz de Tantramar mène à une surcharge du système de santé, qui, rappelle sa porte-parole, est déjà affaibli.
On voit ce qui se passe dans les hôpitaux. Le système de santé, c’est un système qui travaille très fort pour donner le plus de services possible et satisfaire à la demande
, dit Geneviève Côté.
La Dre Geneviève Côté, porte-parole du Conseil des médecins et des dentistes du CHU Dumont. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Patrick Lacelle
Parallèlement, Santé Canada, chiffre à plus de 15 000 les décès prématurés par année en lien avec l’exposition à la pollution atmosphérique.
Le CMD est tranchant : ces données scientifiques probantes doivent être prises en compte dans toute décision énergétique majeure dans la province.
Le CMD peu convaincu par l’étude d’impact
Il s’agit d’une deuxième sortie du CMD. En mars, les 331 médecins du conseil avaient signé une lettre ouverte pour tirer la sonnette d’alarme sur les effets de ces centrales sur la santé des gens.
Ces professionnels de la santé espèrent cette fois être entendus, car ils n’ont pas eu de retour à la suite de leur première lettre ouverte, selon la porte-parole.
Il n’y a pas eu de contact direct mis à part ce qu’on a reçu de la part du ministre de l’Environnement, ce qui est émis publiquement sur l’étude d’impact environnemental et sur la santé
, note Geneviève Côté.
C’est une grave question de santé publique et ça doit être mis dans la balance quand on prend une décision comme celle-là.
Geneviève Côté déclare que les médecins ne sont pas rassurés par l’étude d’impact actuelle.
Une étude d’impact au Canada, même si elle est bien faite et suit les règles, a des limitations. Elle peut donner une fausse réassurance et nous, on n’est pas rassuré
, note Geneviève Côté.
On est à un moment charnière au niveau des choix d’énergies au Nouveau-Brunswick en ce moment. Il va y avoir des conséquences et il faut s’assurer qu’on prenne la meilleure des décisions
, ajoute-t-elle.
De possibles consultations publiques à venir
Dans une déclaration écrite, Énergie NB assure reconnaître l’importance d’un processus décisionnel rigoureux lors de la mise en place de projets d’infrastructure énergétique.
Interrogée à ce sujet, la société ne précise néanmoins pas si elle donnera suite à la demande du conseil de réaliser une évaluation indépendante des autres options énergétiques envisageables.
La porte-parole d’Énergie NB, Tracey Stephenson, souligne que le projet fait actuellement l’objet d’une étude d’impact sur l’environnement (EIE), comme l’exige le cadre réglementaire provincial.
Cette démarche comprend également une évaluation des considérations liées à la santé.
L’EIE prévoit également des possibilités de consultation publique, de mobilisation des communautés autochtones et d’examen réglementaire, et l’ensemble des documents est versé au dossier public dans un souci de transparence
, écrit la porte-parole d’Énergie NB, Tracey Stephenson.
Radio-Canada a envoyé une demande médiatique au gouvernement néo-brunswickois, et est en attente d’une réponse.
Avec des informations de Kristina Cormier et de Charles-Étienne Drouin
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