Trois djihadistes ont été condamnés à la réclusion à perpétuité pour leur rôle dans les attaques meurtrières du 2 mars 2018 à Ouagadougou, visant l’état-major des armées burkinabè et l’ambassade de France. Cette décision a été rendue mardi par le pôle judiciaire spécialisé dans les affaires de terrorisme, au tribunal de grande instance de la capitale burkinabè.
Le 2 mars 2018, des attaques, revendiquées par le groupe islamiste armé GSIM (Groupement de soutien à l’islam et aux musulmans), avaient fait de nombreuses victimes et provoqué une onde de choc au Burkina Faso. Huit militaires burkinabè ont perdu la vie et 85 autres personnes ont été blessées dans ces deux actions simultanées. Trois des huit accusés, jugés pour des faits tels que « actes terroristes », « complicité d’assassinats » et « complicité de tentative d’assassinats », ont été condamnés à la perpétuité, selon le procureur du tribunal.
Deux symboles de l’État burkinabè et des intérêts étrangers frappés
Outre ces peines de prison à vie, trois autres accusés, dont deux étaient impliqués dans le financement des activités du groupe djihadiste, ont été condamnés à des peines de prison allant de 10 à 21 ans. En revanche, deux des prévenus ont été acquittés, faute de preuves suffisantes pour justifier leur culpabilité. Les attaques du 2 mars 2018 ont constitué un événement tragique dans l’histoire récente du Burkina Faso.
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Elle illustre la montée en puissance des groupes djihadistes dans la région du Sahel. En l’espace de quelques heures, les assaillants ont frappé simultanément deux symboles de l’État burkinabè et des intérêts étrangers : l’état-major des armées et l’ambassade de France. Ces attentats ont non seulement causé des pertes humaines mais ont également exacerbé les tensions sécuritaires au Burkina Faso, qui faisait face à une série de menaces terroristes grandissantes à l’époque.
Ampleur internationale de la menace terroriste dans cette région
Cette condamnation intervient après d’autres procès liés à des attaques terroristes sur le sol burkinabè. En novembre 2024, deux personnes impliquées dans l’attaque meurtrière du café Aziz Istambul, survenue le 13 août 2017 à Ouagadougou, ont été condamnées à la perpétuité. Cet attentat avait fait 19 morts, dont dix Burkinabè, et plusieurs blessés. Le Burkina Faso, situé au cœur du Sahel, est depuis plusieurs années confronté à des attaques djihadistes menées par divers groupes islamistes, qui profitent de l’instabilité de la région pour imposer leur agenda.
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Parmi les attaques les plus notables, celle du 15 janvier 2016, où des assaillants avaient visé simultanément le café Cappuccino et l’hôtel Splendid, faisant 30 morts et 71 blessés, est restée gravée dans les mémoires. La plupart des victimes étaient des étrangers, ce qui souligne l’ampleur internationale de la menace terroriste dans cette région. Le verdict prononcé mardi vient s’ajouter à une série de condamnations qui témoignent des efforts du Burkina Faso pour lutter contre le terrorisme.
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