La représentation féminine parmi les athlètes les mieux rémunérés a toujours été faible, mais on espérait cette année un revirement de situation. C’est raté. Pas une seule athlète féminine ne figure dans le top 100 des sportifs aux plus hauts revenus globaux.
La femme la mieux payée en 2024 est la joueuse américaine de tennis Coco Gauff (20 ans) avec 30,4 millions de dollars en poche (environ 29 millions d’euros). Même si ce total semble être exorbitant, il est bien loin de rivaliser avec les 37,5 millions de dollars (36 millions d’euros) du dernier du classement. La star du tennis se serait classée 125e dans une liste plus élargie.
Depuis 2010, il n’y a jamais eu plus de trois femmes parmi les sportifs générant le plus de revenus (salaires plus sponsors). D’ailleurs, seules des joueuses de tennis y ont figuré : Maria Sharapova, Serena Williams, Li Na et Naomi Osaka.
Se fait encore sentir dans cette inégalité le poids de l’histoire : les athlètes féminines perçoivent des salaires et des primes inférieurs à ceux à leurs homologues masculins. Ainsi, par exemple, en 2023, lors de la Coupe du monde féminine de football, l’ensemble des primes distribuées totalisaient 150 millions de dollars (144 millions d’euros) contre 440 millions de dollars (423 millions d’euros) attribués lors du Mondial masculin disputé au Qatar en 2022.
Cette différence de rémunération peut s’expliquer par une plus grande médiatisation des disciplines pratiquées par les hommes. C’est le cas pour le football, le basket-ball et le football américain. Cristiano Ronaldo, premier du classement établi par Sportico, émarge à 260 millions de dollars (249,4 millions d’euros) en 2024 principalement grâce à son salaire versé par son club saoudien Al-Nassr (215 millions de dollars, 206,3 millions d’euros).
Les sports et les compétitions pratiqués par les femmes, moins médiatisés, génèrent moins d’opportunités de sponsoring et d’engagement du public. Ainsi, Cathy Engelbert, commissaire de la WNBA, la Ligue féminine de basket aux États-Unis, souligne que « moins de 1 % des budgets de sponsoring sportif sont alloués aux sports féminins ».
Dernière explication avancée : les sportives dépendent davantage des contrats de sponsoring que de leurs salaires pour leurs revenus globaux. En 2024, Coco Gauff a ainsi perçu une majorité de ses revenus grâce à ses partenariats avec des grandes marques telles que L’Oréal et New Balance, le total de son prize money ne représentant que 9,7 millions de dollars (9,2 millions d’euros) sur les 30,4 millions de dollars perçus.
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