Alors que le Bénin est à l’approche de sa prochaine élection présidentielle, aucun candidat ne s’est déclaré officiellement pour être le dauphin de Patrice Talon. Même si beaucoup caressent le rêve de représenter sa mouvance en avril 2026, il est évident que le Chef de l’État, qui veillera personnellement à la désignation de ce dauphin, ne fera pas un choix pour plaire ni pour complaire.
A un an de la prochaine présidentielle au Bénin, le climat politique est tout, sauf en effervescence. Le Président sortant, Patrice Talon, qui a marqué son mandat par des réformes économiques jugées significatives et des changements sociopolitiques controversés, annonce déjà jouer sa partition, dans le choix de son dauphin. « Le prochain Président du Bénin sera mon président, celui de mon pays, de ma famille, de ma communauté et de tout ce qui m’est cher. Il est évident que je serai attentif à ce qu’il n’ait pas pour projet de déconstruire les réformes que nous aurons accomplies en dix ans grâce aux efforts et aux sacrifices de tous les Béninois. Mon choix, mon action et mes prières, seront orientés vers le meilleur des candidats. Maintenant que le Bénin a atteint son altitude de croisière, il est temps de changer de pilote (…) », disait le Chef de l’Etat, au détour d’un entretien avec le média Jeune Afrique. Alors que ces propos vont déjà au-delà de simples spéculations, Patrice Talon ouvre ainsi la vanne aux velléités relatives à son implication personnelle quant au choix de son candidat. Avec tous les gains économiques, politiques, sociaux et diplomatiques dont son gouvernement et lui se targuent depuis neuf ans qu’il est au pouvoir, il est sans nul doute que celui qu’il contribuera à choisir pour challenger lors de cette présidentielle devra réunir beaucoup de similitudes que lui. Sans risque de se tromper, il sera une figure qui devra maintenir la continuité tout en répondant aux aspirations d’un électorat béninois en évolution, mais parfois insondable. Le dauphin devra être affilié à l’un des partis au pouvoir, avec un alignement sur les valeurs des réformes sous Patrice Talon. Une expérience gouvernementale antérieure est également nécessaire pour assurer une connaissance approfondie des rouages de l’État. Mieux, il devra avoir la capacité de rassembler divers segments de la population, notamment en période de tensions politiques qui caractérisent parfois le pays, et jouir d’une popularité et d’une légitimité solides auprès des citoyens. Une vision tournée vers l’avenir, axée sur le développement durable et les nouvelles technologies, ainsi qu’une aptitude à gérer les divergences politiques sans faire recours à la compromission, seront aussi des atouts importants dont devra se mouvoir ce dauphin. Sur la base de ces critères, il pourrait être une personne relativement jeune. En plus d’avoir une solide formation académique dans des domaines rassemblant à l’économie, le droit, le développement durable, ainsi qu’un parcours couronné de succès dans des responsabilités politiques ou administratives surtout en matière diplomatique. Son programme devra être axé sur la continuité des réformes tout en intégrant des innovations répondant aux besoins du moment. Autrement, ayant bien à l’esprit que la politique est souvent imprévisible et sachant qu’un candidat émergent, soutenu par des mouvements de la société civile ou des jeunes, pourrait bouleverser les anticipations actuelles et se révéler comme un dauphin compromettant, Patrice Talon s’assurera d’avoir une personne dont la loyauté ne fera aucun doute. Même si un certain facteur d’incertitude souligne la dynamique mouvante de l’environnement politique béninois, l’actuel locataire de la Marina qui a déjà une idée de la personnalité de son candidat, semble résolument se frotter à ce challenge. Resté éloigné de la sphère politique quant au choix de ses collaborateurs directs et surtout à des postes sensibles, le Chef de l’Etat devra assurément miser sur un technocrate ayant moins d’intérêts avec tout le monde, qui a donné la preuve de sa fidélité, en veillant sur les intérêts de l’actuel locataire, bien avant 2016.
Effet surprise…
Mais la politique aidant, il y a l’effet surprise qu’il ne faut ignorer. Patrice Talon a parlé de la possibilité d’avoir un même candidat avec son prédécesseur, Boni Yayi. Le cas échéant, il faudra voir la personne qui peut faire l’unanimité entre les deux, une personne qui a servi Yayi, se retrouve avec Talon, et qui est restée plus ou moins effacée, qui ne prend pas parole pour jeter de l’opprobre sur le régime Yayi. Dans ce contexte, beaucoup risquent d’être déçus par son choix. À commencer par ses propres proches. Mais ce cas reste improbable.
J.G
Crédit: Lien source