Présidentielle en République dominicaine: le sortant grand favori, Haïti en toile de fond

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Présidentielle en République dominicaineLe sortant grand favori, Haïti en toile de fond

Le président sortant de République dominicaine Luis Abinader, ferme à l’égard d’Haïti, semblait dimanche soir en voie d’être réélu.

Le président Luis Abinader s’adresse aux journalistes avant de voter le 19 mai 2024 à Saint-Domingue.

AFP

Les Dominicains ont voté dimanche pour des élections présidentielle et législatives dont le grand favori est le sortant Luis Abinader, qui entend tirer profit de son bilan économique et de sa politique de fermeté à l’égard d’Haïti.

Les 16’726 bureaux de vote ont ouvert à 7 heures locales (13 h 00 en Suisse) et fermé à 17 heures (23 h 00 en Suisse). Les premiers résultats sont attendus vers 20 heures locales (02 h 00 en Suisse). Environ huit des 11 millions de Dominicains étaient appelés à voter.

Selon les sondages, Luis Abinader se dirige vers une réélection pour 4 ans dès le premier tour. Il devrait recueillir environ 60% des voix devant l’ancien président Leonel Fernandez (1996-2000, 2004-2012), crédité de 25% des suffrages, tandis que les six autres candidats se contenteraient de miettes.

La formation politique de Luis Abinader, le Parti révolutionnaire moderne (PRM) qui avait déjà remporté 120 des 150 municipalités en février, devrait aussi obtenir la majorité des sièges des 190 députés et 32 sénateurs en jeu.

Diaspora

À surveiller notamment, le vote de la diaspora, majoritairement installée aux États-Unis. Elle représente 11% des votants et ses transferts de fonds vers la mère patrie pèsent pour 9,1% du PIB en 2022, selon la Banque mondiale.

«J’ai voté pour Abinader… il a fait du bon travail», dit Maria Ramona Antonio, dentiste de 74 ans. «Regardez comment va le tourisme, qui crée de l’emploi… les routes construites, ces gens dans le besoin qui ont maintenant une assurance maladie.»

«Il faut que ce soit Leonel» le prochain président, déclare pour sa part Jonas Mancebo, un commerçant de 32 ans d’un quartier populaire de Saint-Domingue. «Beaucoup de choses peuvent être améliorées.»

«C’est un pays qui a beaucoup de maturité démocratique. La démocratie dominicaine est forte et sortira renforcée», a assuré Luis Abinader lors d’une brève déclaration après avoir voté à Saint-Domingue.

«Nous sommes confiants», a quant à lui promis Leonel Fernandez après avoir voté dans un quartier ouvrier de la capitale. «Nous avons constaté une forte participation.»

«Achat massif de votes»

L’opposition a dénoncé dimanche «l’achat massif de votes» par le parti du président, assurant avoir «recueilli des preuves – vidéos, photos», selon Manuel Crespo, un délégué de l’opposition. «Une fois de plus, ils (le PRM) achètent des bulletins de vote», s’est insurgé l’ancien président Danilo Medina (2012-2020), «Ils veulent répéter ce qu’ils ont fait en février», lors des municipales. 

Environ 70% des Dominicains approuvent la gestion de Luis Abinader, et notamment sa politique de fermeté à l’égard d’Haïti. Depuis son arrivée au pouvoir en 2020, il a multiplié les opérations anti-immigration et expulsions, et construit un mur sur une partie de la frontière avec Haïti, en proie à une crise politique et humanitaire chronique aggravée par la violence des gangs qui contrôlent une grande partie de son territoire.

«Haïti? Ce que nous voulons, c’est que tous ces gens partent pour leur Haïti, cela nous affecte beaucoup», lance Deisy Castillo, une électrice de 74 ans. 

«Je n’aime pas les vexations faites à nos frères et sœurs haïtiens, mais j’aime une politique de nationalité très forte. J’aime la position actuelle de maintien de la souveraineté», dit Javier Taveras, 38 ans, qui émet néanmoins des doutes quant à l’efficacité du mur à la frontière.

Résultats économiques positifs

Luis Abinader se targue également de résultats économiques positifs, évoquant une croissance «élevée», une inflation «dans la fourchette» et un faible taux de chômage. La Banque mondiale prévoit une hausse de 5% du PIB d’ici à la fin de l’année, tout comme le FMI, qui souligne le «potentiel» du pays à «devenir une économie avancée» dans les prochaines décennies.

Leonel Fernandez dénonce cependant une manipulation des chiffres et promet d’améliorer les performances économiques du pays. «Nous mangerons à nouveau», répète-t-il en critiquant la hausse du coût de la vie. Le panier alimentaire de base a augmenté de 3,56% en 2023 par rapport à 2022.

(AFP)


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