Cette fois, difficile de se cacher. Ce matin, de 11 heures et 11 h 15, Romuald Wadagni devrait prêter serment, puis, une demi-heure plus tard, prononcer son discours d’investiture. Tous les yeux du Bénin seront alors rivés sur lui. Après dix années passées dans l’ombre de Patrice Talon, le nouveau président entrera dans la lumière.
Élu en avril avec avec un score soviétique – 94 % des voix –, Wadagni, 50 ans le mois prochain, n’a jamais aimé s’exposer dans les médias. Son image reste celle du ministre de l’Économie et des Finances qu’il fut, peu expansif, très « techno ». « De prime abord, il peut paraître froid et cassant, admet l’analyste politique Fiacre Vidjingninou. Mais une fois la glace brisée il est une personne normale. » Pour souligner ce côté président-comme-tout-le-monde, ses soutiens mettent en avant son parcours.
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Certes, disent-ils, il est le fils d’un haut fonctionnaire. Mais il a aussi été apprenti maçon, a versé dans la cuniculture (l’élevage de lapins). Il a d’ailleurs toujours sa propre ferme à Savalou, dans le centre du pays.
Wadagni n’en reste pas moins un expert-comptable de formation passé par l’université de Grenoble. Pendant dix-sept ans, il a travaillé pour le cabinet de conseil Deloitte, en France d’abord puis aux États-Unis et en Afrique. C’est cet homme de chiffres que Patrice Talon, omnipotent chef de l’État de 2016 à 2026, est allé chercher à son arrivée au pouvoir. Ce fidèle, inscrit dans aucun parti, est devenu l’architecte de la nouvelle économie béninoise.
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