Encore un week-end parfait pour le Top 14. L’Union Bordeaux-Bègles a remporté, ce samedi 23 mai 2026, un deuxième titre consécutif en Champions Cup. La formation de Yannick Bru s’est imposée sans trembler face au Leinster : 35-7 à la pause, 41-19 au final. Et a prolongé l’exceptionnel week-end du rugby français, après la victoire encore plus nette de Montpellier contre l’Ulster en finale de la bien plus anecdotique Challenge Cup (59-26).
Depuis 2021, les clubs français ont gagné dix titres européens sur douze. Ils ont seulement laissé échapper la Challenge Cup en 2024 et 2025, année où Lyon avait échoué en finale. Cette série a mis à l’honneur six clubs : Toulouse, La Rochelle et l’UBB en Champions Cup, avec deux victoires chacun, ainsi que Montpellier, par deux fois. Sans oublier Lyon et Toulon en Challenge.
La vitesse des équipes du Top 14, un véritable atout
« En termes de niveau de compétition, la vitesse à laquelle les équipes jouent est le facteur le plus important, a tenté d’esquisser l’entraîneur du Leinster, Leo Cullen, après la débâcle de son équipe, pour expliquer la supériorité du Top 14. C’est un état d’esprit que nous devons adopter dans notre ligue également. »
Il cite, par exemple, la qualité du jeu produit par Toulouse contre la Rochelle en décembre (66-14), deux semaines avant que La Rochelle soit proche de faire tomber les Irlandais (25-24). « Les équipes du Top 14 sont d’un tout autre calibre que nous. Nous n’avons pas accès à certains talents étrangers dont elles disposent », plaide Cullen.
Puissance économique
Pour Yannick Bru, l’entraîneur de l’UBB, « le Top 14 est d’une exigence incroyable, que ce soit en termes de présence physique, de préparation tactique des matchs, de fraîcheur mentale des joueurs aussi. En France, on a construit quelque chose de spécial ».
Il a aussi pointé l’énergie à consacrer à ce championnat. « Une des plus dures compétitions au monde », selon le pilier tongien Ben Tameifuna, arrivé en 2015 en France. Pourtant, malgré son effectif de haute qualité, l’UBB n’est pas certain de disputer la phase finale du Top 14.
Les multiples blessures de cadres ont joué en leur défaveur cette saison : Lucu, Moefana en début de saison, Depoortere désormais. Mais les supporteurs bordelais ne démotivent pas. L’UBB a la meilleure affluence d’un club de rugby au monde avec plus de 30.000 personnes.
Fort de droits télévisés bien supérieurs, de stade remplis et de mécènes capables de soutenir à bout de bras certains clubs. L’économie du rugby tricolore se porte bien, au contraire de l’écosystème de ses voisins. « Les bons joueurs de ma génération jouaient en Angleterre. Les gros clubs étaient en Angleterre. Ces clubs se sont un peu cassé la gueule économiquement », a rappelé en zone mixte l’entraîneur adjoint de l’UBB Christophe Laussucq.
« Les Irlandais avaient trois provinces, souvent compétitives. Là, on voit que même avec pratiquement tous les bons joueurs au Leinster, on arrive à les battre […] Les Gallois sont largués, les Écossais sont en difficulté. C’est un peu triste aussi. […] Ce n’est pas notre faute si le rugby français se porte bien », a poursuivi le technicien.
Un frein pour les Bleus ?
La domination du rugby français se prolonge désormais dans les sélections : la France a gagné les deux derniers Tournois des 6 nations, en plus de son Grand Chelem en 2022. L’obligation d’aligner un certain nombre de joueurs issus des filières de formation (JIFF) a permis de garder un espace pour les talents tricolores.
Mais le XV de France court toujours après son premier titre mondial et semble encore loin de l’Afrique du Sud, double championne du monde en titre.
Le rythme incessant auquel sont soumis les joueurs du Top 14, Louis Bielle-Biarrey ayant par exemple déjà atteint les 30 matchs joués cette saison, a souvent été pointé du doigt par le sélectionneur Fabien Galthié pour expliquer les difficultés des Bleus, malgré des mesures pour protéger les internationaux.
Le premier match du championnat des nations, contre la Nouvelle-Zélande, a ainsi lieu une semaine seulement après la finale du Top 14.
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