Sommet-FM souhaite exploiter une seconde fréquence à saveurs plus «country»

La station radiophonique Sommet-FM a logé une demande auprès du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes afin de pouvoir changer la vocation de l’une de ses deux fréquences.

Ce n’est pas les projets qui manquent à la radio communautaire Sommet-FM.

Aussi connue comme étant la Coopérative Radio Restigouche, elle opère la fréquence 103,9 sur la bande FM depuis les années 90. Quelques années seulement après son ouverture, elle a dû se doter d’un transmetteur afin d’amplifier son signal dans le secteur de Dalhousie où la réception était mauvaise. Cette antenne diffuse sur une autre fréquence, le 96,7 FM.

Depuis 2018 toutefois, le besoin d’amplifier ce signal radio n’est plus vraiment présent. Afin de se conformer à certaines normes, la coopérative a dû rehausser d’une centaine de pieds son antenne maîtresse située au sommet du mont Restigouche à Pointe-à-la-Croix, ce qui a réglé la grande majorité des problèmes de réception dans la région.

Le 96,7 FM continue néanmoins à retransmettre le signal. Pour le directeur général de l’endroit, Gary Ouellette, diffuser une seule et même programmation sur les deux fréquences est un non-sens. C’est pourquoi il a présenté un projet proposant d’utiliser cette fréquence pour émettre du contenu musical différent. En somme, il souhaite exploiter le 96,7 FM en lui donnant une identité propre.

«Cette fréquence-là, elle est à nous alors on s’est dit pourquoi ne pas l’utiliser afin de diversifier notre offre et ainsi aller rejoindre encore plus d’auditeurs de notre communauté», explique M. Ouellette.

Actuellement, la licence octroyée par le CRTC au 103,9 FM en est une de musique dite «contemporaine» (pop, rock, RnB). Ce que souhaite la direction, c’est d’utiliser sa seconde fréquence pour un style plus «country/western» – un genre très populaire dans la région – en plus de mettre l’accent sur la musique acadienne et locale. Les deux fréquences pourraient partager un certain contenu (animation, information, publicité), mais elles seraient musicalement différentes.

Bois-Joli, 20 mai 2026
La station Sommet-FM a logé une demande pour exploiter une seconde fréquence consacrée davantage à la musique country et acadienne. – Acadie Nouvelle: Jean-François Boisvert

«Le but c’est vraiment d’aller chercher un genre plus country, plus acadien et surtout de favoriser davantage nos artistes locaux. En fait, ce n’est pas encore clair laquelle des deux stations accueillerait ce nouveau son – il faudra en discuter avec le CRTC -, mais on espère vraiment pouvoir aller de l’avant avec ce projet», ajoute le directeur, qui ne voit pas dans cette initiative un risque de diluer les revenus publicitaires.

«Dans le fonds, les dollars publicitaires aboutiraient tous au même endroit», lance-t-il.

Selon lui, l’ajout d’une programmation différente sur la seconde fréquence de Sommet-FM ne nécessiterait pas d’investissements majeurs. Le travail peut se faire à même les studios actuels et n’aurait que peu d’impact sur la charge de travail des employés actuels.

Si la demande est approuvée, la nouvelle chaîne pourrait voir le jour d’ici l’automne.

Nouvelle tour

L’émetteur du 96,7 FM ne serait toutefois pas suffisant pour diffuser dans toute la région. Pour étendre sa portée à tout le centre et l’est du Restigouche, le projet nécessiterait une tour relais. Un projet en ce sens a d’ailleurs été soumis à Patrimoine canadien. L’antenne serait installée à Balmoral ,dans la municipalité de Bois-Joli. Selon M. Ouellette, son installation pourrait également résoudre un autre problème criant de réception dans la région, cette fois au niveau de la téléphonie cellulaire.

«Elle pourrait accueillir des équipements de cellulaires ou des équipements d’internet selon les besoins, ce qui permettrait d’ajouter du réseau dans la région. On réglerait ainsi un énorme problème, car on sait qu’il existe de nombreuses zones mortes à Bois-Joli et Campbellton. En somme, on ferait d’une pierre deux coups, on règlerait deux problèmes de réception avec une seule tour», indique-t-il, notant que la radio pourrait d’ailleurs obtenir un certain revenu de la location de cette nouvelle tour.

Diversifier les revenus afin de survivre

Craignant de voir ses recettes publicitaires diminuer au cours des prochaines années, la direction de Sommet-FM s’est activée à identifier d’autres sources de revenus.

«Contrairement à d’autres radios, nous sommes en très bonne situation financière actuellement, mais on ne peut nier que la publicité n’est plus que ce qu’elle était jadis. Les choses évoluent très rapidement. Internet et les médias sociaux grugent toujours de plus en plus nos revenus publicitaires, si bien qu’il est difficile de savoir quel sera le portrait de la situation dans 10 ans, 15 ans, 20 ans. Si on veut survivre dans un tel marché, ça prend une bonne planification marketing, mais je crois qu’il faudra aussi  une certaine diversification de nos opérations afin d’aller chercher des revenus additionnels», indique Gary Ouellette.

L’une de ces sources alternatives identifiées, c’est l’immobilier.

«On s’est posé la question à savoir quels sont les besoins dans la région, et le logement abordable était l’un des éléments qui revenaient constamment en tête de liste, car il y a des listes d’attente. Comme nous sommes un organisme sans but lucratif, on se qualifie pour des subventions, donc on tente notre chance», exprime-t-il.

La radio a ainsi soumis un projet l’an dernier touchant la construction d’un immeuble de huit unités situé sur sa propriété, tout juste en bordure de son siège social à Bois-Joli.

Bois-Joli, 20 mai 2026Bois-Joli, 20 mai 2026
La station Sommet-FM a son siège social dans le secteur Balmoral de la municipalité de Bois-Joli. – Acadie Nouvelle: Jean-François Boisvert

Comme sa demande pour l’exploitation de sa deuxième fréquence ainsi que la construction d’une nouvelle tour relais, toute la paperasse a été remplie et le projet est en attente d’approbation.

«Diversifier nos revenus deviendra une nécessité pour notre survie dans un avenir proche, et c’est pourquoi on y pense dès maintenant. L’objectif c’est d’être en mesure de poursuivre notre mission qui est de servir notre communauté. Mais si on reste seulement une radio, si on ne change rien, j’ai peur que dans dix ou quinze ans, mon successeur ne puisse tenir bien le fort longtemps. On veut éviter ça!»

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