Soudan : l’armée mise sur les défections des paramilitaires, au risque d’attiser les tensions

Des transfuges de poids dans les rangs de l’armée

Depuis plusieurs semaines, plusieurs commandants des FSR ont fait défection pour rejoindre l’armée du général Abdel Fattah al-Burhan. Parmi eux figurent Al-Nour al-Gobba, ancien responsable des FSR à El-Facher, Ali Rizkallah, dit « Savannah », ainsi que Bechara al-Hawira. Pour l’armée, ces ralliements constituent un atout stratégique. Les autorités militaires affirment qu’ils permettent d’affaiblir les paramilitaires de l’intérieur et d’attirer de nouveaux combattants dans leur sillage. 
  

Des ambitions personnelles plus que politiques ? 

Selon plusieurs analystes, ces changements d’allégeance seraient avant tout motivés par des frustrations personnelles. Certains commandants auraient vu leurs ambitions politiques contrariées ou n’auraient pas obtenu les avantages qu’ils réclamaient au sein des FSR. L’armée espère toutefois que ces défections se multiplieront alors que certains bastions paramilitaires au Darfour montrent des signes de fragilité et que des tensions émergent entre groupes alliés aux FSR. 

Une stratégie controversée 

Cette politique de ralliement suscite néanmoins de vives critiques. Plusieurs des commandants accueillis par l’armée sont accusés d’exactions commises durant le conflit, qui a fait environ 200.000 morts et provoqué la pire crise humanitaire au monde selon l’ONU. Pour de nombreux civils, voir d’anciens responsables des violences rejoindre l’armée sans être inquiétés est difficilement acceptable. Des militants et chercheurs dénoncent une forme d’impunité qui risque de compromettre toute perspective de justice et de réconciliation. 

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Le risque de nouvelles fractures

L’intégration d’anciens paramilitaires pourrait également raviver les tensions au sein même du camp gouvernemental. Certaines milices alliées à l’armée, notamment au Darfour, ont été directement victimes des violences attribuées aux FSR. Si ces défections offrent à court terme un avantage militaire à Khartoum, plusieurs observateurs estiment qu’elles pourraient compliquer à long terme la reconstruction politique du pays et alimenter de nouvelles divisions dans un conflit déjà extrêmement fragmenté. 
 

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