Une femme sur dix en France hexagonale comme en Martinique souffre d’endométriose. Pratiquer une activité physique peut les aider à surmonter les douleurs et à améliorer leur qualité de vie.
Maladie chronique complexe encore mal connue, l’endométriose est aujourd’hui devenue un enjeu de santé publique et de société. 10% des femmes en âge de procréer sont touchées. Si les symptômes peuvent varier en intensité selon les cas, la maladie se caractérise entre-autre, par de fortes douleurs et une fatigue Chronique. De quoi éloigner la patiente de toute envie de pratiquer une activité physique.
Pourtant on sait désormais que le sport est un allié face à la maladie. En Martinique, depuis quelques mois, la Filière Endométriose de Martinique (FEnM) s’est associée à la Ligue Régionale de Triathlon pour mener un programme de recherche emmené par le Dr Armelle Jean-Etienne, médecin du sport et présidente de la société martiniquaise de médecine de l’exercice et du sport. Il s’agit d’améliorer la qualité de vie et la prise en charge des femmes atteintes d’endométriose. Après un appel auprès de patientes bénévoles, des rendez-vous sportifs ont été mis en place.
Depuis janvier 2025, une quinzaine de femmes se retrouve 3 fois par semaine autour des trois disciplines que regroupe le Triathlon. Rien à voir avec les entraînements des spécialistes. Ici, il s’agit certes de pratiquer la natation, le vélo et la course à pied, mais de façon adaptée et souvent pour des novices. L’intérêt étant de (ré)habituer le corps à l’effort physique, au travers de ce panel d’activités et d’une discipline complète qui sollicite aussi tous les muscles. Et d’étudier au fur et à mesure, les effets du sport sur l’appréhension de la maladie.
Le sport permet beaucoup de choses : D’abord au niveau social. Puis au niveau des douleurs. Ça permet de les limiter via la sécrétion d’endorphines avec une activité antalgique. Au niveau musculaire on a aussi une activation de cytokine anti-inflammatoire qui limite l’inflammation due à l’endométriose. Ensuite, l’activité physique limite la production de cortisol (l’hormone du stress). Et elles nous le disent toutes, elles sont de moins en moins stressées de moins en moins crispées ; on les sent mieux que ce soit avant, pendant ou après les séances
Victor Delafosse enseignant en Activité Physique Adaptée
Au stade Pierre Aliker à Fort-de-France, les séances de foncier se font sous la direction de Clément Brière de la ligue de Triathlon et de Victor Delafosse enseignant en Activité Physique Adaptée. Parmi leurs nouvelles élèves, beaucoup avaient tourné le dos au sport.
La plupart des femmes souffrant d’endométriose ont peur de bouger, de par la douleur. Le but est de leur redonner confiance en leur corps, de redonner confiance au mouvement
La douleur, l’inflammation des nerfs due à l’endométriose crée une immobilité tissulaire. Les muscles perdent en souplesse et c’est un cercle vicieux qui s’installe. Cercle, qu’il faut arriver à briser progressivement.
Malgré les douleurs, malgré les contraintes, le travail de la sangle abdominale doit être fait. Mais avec la bonne respiration et avec une gestuelle qui est sécurisée. Le but c’est de faire un travail de manière évolutive. On peut commencer par des exercices statiques et après mettre du dynamique. Il faut faire attention sur les exercices au sol, ne pas trop mettre de charge sur la ceinture pelvienne. On va travailler tout ce qui va être respiration muscles profonds. Ce qui va être très important lors de la stabilité posturale et la stabilité par rapport à tout ce qui va être muscle pelvien, les organes etc.
Si L’étude sur le territoire se base aujourd’hui sur le Triathlon, il faut surtout retenir que toute activité peut convenir. À chacune de trouver celle qui lui convient le mieux. L’objectif étant de confirmer ce que beaucoup d’études nationales et internationales ont déjà prouvé : l’activité physique ne peut être qu’un atout pour dépasser les douleurs dues à l’endométriose, tout en favorisant le bien-être physique et mental.
Un message et un espoir destinés aussi aux quelques 20 000 femmes concernées par cette maladie en Martinique.
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