Ce qui paraît aujourd’hui aller de soi a été tabou pendant bien des années. Lorsqu’Armand Nicolas publie en 1982 « La révolution anti-esclavagiste de 1848 », il va à l’encontre du discours officiel soutenu depuis l’abolition. Ce discours veut que la liberté ait été accordée par une France magnanime.
Alors, le petit livre d’Armand Nicolas qui raconte la victoire du 22 mai sonne comme un coup de tonnerre. Comme l’explique son camarade de parti Michel Branchi, « les étudiants martiniquais se sont mis à réciter ce livre par cœur« . Et Armand Nicolas, en bon communiste, appuie l’ouvrage avec des conférences régulières dans les mornes et les campagnes.
L’engagement politique et son engagement d’historien ne font qu’un dans la vie d’Armand Nicolas. Rédacteur en chef du journal Justice, enseignant, militant communiste, il sera frappé par « l’ordonnance de 60 » qui ordonne la mutation d’office des fonctionnaires martiniquais jugés « agitateurs ». 14 ans sans salaire, une épreuve dans une famille de quatre enfants dont seule la mère assure désormais la subsistance.
Mais Armand Nicolas continue de militer, et il continue d’écrire : une brochure sur André Aliker, une autre sur l’insurrection du Sud, un livre sur le résultat de ses recherches archéologiques sur les Arawaks…
Et puis cette œuvre qui reprend, en trois tomes, tout le travail de sa vie : « Histoire de la Martinique des Arawaks à 1971 ». Régulièrement republiés, ces trois ouvrages servent aujourd’hui de base à bon nombre des jeunes chercheurs.
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