«Le rassemblement prôné par le candidat Brice-Clotaire Oligui Nguéma se veut porteur de changement», affirme Franck Ndjimbi, membre du directoire de l’Union nationale et député de la Transition.
La bataille du rassemblement et de la reconstruction… «Dans cette idée, il y a la volonté de faire participer le plus grand nombre à la prise de décision». © GabonReview

Membre du directoire de l’Union nationale et député de la Transition, Franck Ndjimbi est un expert gabonais en gestion des ressources naturelles et consultant en politiques environnementales. © D.R.
Rassemblement. Derrière ce mot, il y a de bâtir un édifice nouveau. Mais, il y a aussi la détermination de fédérer les ouvriers de tous niveaux et tous corps d’état. Au-delà, il y a l’ambition d’unir témoins et acteurs des événements qui ont forgé la conscience militante de notre pays : grève des étudiants de l’Université Omar Bongo le 17 janvier 1990 ; Conférence nationale de mars-avril 1990 ; décès de Joseph Rendjambé puis soulèvement populaire en mai 1990 ; émeutes du 21 au 24 février 1994 ; échauffourées en mars 2006 suivi d’un assaut contre le siège de l’Union du peuple gabonais (UPG) le 20 du même mois ; destruction des équipements de Go Africa dans la nuit du 1er au 2 septembre 2009 ; mitraillage du quartier général de Jean Ping dans la nuit du 1er septembre 2016 ; mais aussi hold-up électoraux en 1993, 1998, 2009 et 2016.
Je garde un souvenir douloureux de ces événements traumatisants, mais ô combien riches d’enseignements. Je sais que la triple exigence de rassemblement, d’ouverture et de tolérance revêt une dimension cathartique. Et c’est en âme et conscience que j’ai choisi de donner une chance au processus en cours. Il y a moins de deux semaines en effet, le candidat Brice-Clotaire Oligui Nguéma annonçait la création de son «véhicule politique officiel» : le Rassemblement des bâtisseurs (Rdb), entité appelée à disparaître au terme de la présidentielle, mais qui déjà marqué les consciences et l’Histoire. Manifestement, le RdB veut impulser le changement. Je souhaite que ce ne soit pas un changement d’hommes, mais un changement de pratique politique. J’émets le vœu que ce ne soit pas un changement de discours, mais un changement dans les idées. J’espère que ce ne sera pas un changement de structures, mais un changement de valeurs. Et c’est toujours en âme et conscience, que j’ai choisi de souscrire à cette entreprise.
La construction de l’Édifice ne devra pas consister pas en un ravalement de façade

Franck Ndjimbi (extrême gauche), en concertation avec d’autres cadres durant un congrès historique de l’Union nationale). © D.R.
Je l’ai fait parce qu’à la suite de Reid Hoffman, fondateur de LinkedIn, je suis convaincu que «la manière la plus efficace de se transformer est de côtoyer des individus qui incarnent ce à quoi vous aspirez». Militant de l’Union Nationale, j’appartiens aussi au collectif citoyen Appel à agir qui, pendant cinq ans, s’est démené par monts et par vaux pour faire constater la vacance de pouvoir suite à l’accident vasculaire-cérébral dont fut victime Ali Bongo en octobre 2018. Pendant cinq ans, dans le silence d’une élite tétanisée par la peur, mes amis (Placide Aubiang-Zeh, Noël Bertrand Boudzanga, Elza-Ritchuelle Boukandou, Nicolas Nguéma, Jean-Gaspard Ntoutoume-Ayi, Anges Kevin Nzigou, Marc Ona Essangui, Edgard Owono Ndong et Minault-Maxime Zima-Ebéyard) et moi avons éprouvé toutes les institutions. En vain. J’ai donc des raisons de militer pour le changement. J’ai des raisons d’appeler à la restauration de nos institutions. C’est pourquoi je dis appartenir au peuple du changement. Parce que le rassemblement prôné par le candidat Brice-Clotaire Oligui Nguéma se veut porteur de changement, je suis aussi Bâtisseur. Car il n’y a pas de changement plus profond que celui qui vise à restaurer l’Etat de droit, réformer la justice et lutter contre la corruption.
Dans son offre politique, Brice-Clotaire Oligui Nguéma livre un aperçu de sa compréhension du changement. Il parle de «justice équitable et indépendante», de protection des citoyens et «d’audits réguliers dans l’administration». C’est pourquoi je pense que le vrai changement peut advenir. C’est pourquoi le peuple du changement doit se rassembler. C’est pourquoi la construction de l’Edifice nouveau ne devra pas consister pas en un ravalement de façade, mais en une transformation en profondeur des structures sociales et de la pratique politique. Rassembler pour changer ensemble ! Je veux croire que nous sommes nombreux à avoir entendu ce message. Je sais que le chemin sera long, difficile et parsemé d’embûches. Je sais que le changement est une antienne, reprise partout dans le monde, à chaque campagne électorale, par de nombreux candidats. Mais je veux croire que l’esprit du 30 août, c’est-à-dire cet «élan de sursaut national pour la refondation de l’Etat, la préservation des principes républicains et le renouveau de la démocratie et de la citoyenneté», guidera nos agissements au lendemain du 12 avril 2025. Si nous nous en écartons, nous perdrons. Et si nous perdons, le Gabon ratera son rendez-vous avec l’Histoire. Individuellement et collectivement, nous devons en avoir conscience.
La longue marche de notre peuple vers le changement
Je suis convaincu que nous sommes nombreux à avoir compris que notre avenir passe par le changement dans le rassemblement. En tant que militant de l’Union Nationale, je le dis haut et fort : dans sa Charte des valeurs, mon parti considère qu’il est de sa «responsabilité de rassembler les filles et fils du Gabon sans distinction de clan, de tribu, de groupe ethnique, de province ou de religion». Convaincu qu’»un autre Gabon est possible», il proclame aussi sa détermination à bâtir une «communauté de destin». Sans me lasser, en tout lieu et toute circonstance, je le rappelai. Lors de la clôture de notre 3ème Congrès extraordinaire, Paulette Missambo, présidente statutaire de l’Union Nationale l’a d’ailleurs rappelé : «Le renouveau démocratique commande que nous unissions nos forces et partagions nos idées». Par la suite, elle nous a invités à prendre part à la «bataille du rassemblement et de la reconstruction».
Le Rassemblement ? Il ne doit pas s’arrêter aux images. Il doit se traduire dans les urnes : si, dans la longue marche de notre peuple vers le changement, l’on se souvient des initiatives comme la Convention des forces du changement (CFC), le Haut conseil de la résistance (HCR) ou Alternance 2023, on doit aussi à la vérité de dire que l’abstention a toujours facilité les tripatouillages et manœuvres déloyales du pouvoir déchu. Je me permettrai donc d’inviter chacun à la mobilisation. Notre arme, c’est le bulletin de vote. Notre force, c’’est notre détermination à exercer ce droit politique fondamental. C’est dans l’urne que doit se traduire notre adhésion au rassemblement. Car, « la volonté de faire participer le plus grand nombre à la prise de décision. C’est effectivement le principe de participation qui commande de se tolérer, s’accepter dans la différence. Notre force c’est aussi la capacité à agir conformément à ce principe élémentaire de la démocratie. Accomplissons notre devoir. C’est ainsi que nous ouvrirons les portes du changement.
Franck NDJIMBI,
Membre du directoire de l’Union nationale et député de la Transition
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