Un nouveau festival annuel de photographie contemporaine, Photo E(a)st, qui se tient à Moncton et Sackville met en lumière l’effervescence du milieu photographique de l’Atlantique. Parmi les activités au programme, 12 expositions sont présentées dans plusieurs galeries d’art pendant le mois d’avril.
Ce premier mois de la photo débute avec plusieurs jours de festivités, du 3 au 6 avril, dont une réception de clôture de l’exposition (Nous sommes) rivière, terre et ciel à la Galerie Louise-et-Reuben-Cohen. Ce sera suivi vendredi d’une série de vitrines, de conférences, de tables rondes et les vernissages de cinq expositions au Centre culturel Aberdeen à Moncton. Le samedi, les activités se déplaceront à Sackville, avec des expositions, des ateliers, des conférences et une visite du département de photo de l’Université Mount Allison. L’idée de créer un tel événement est venue du photographe-journaliste Chris Donovan de Saint-Jean qui a fondé le festival avec d’autres photographes, dont Annie France Noël de Moncton.
«C’est un festival qui se veut vraiment un happening comme un mois de la photographie avec certains moments un peu plus intenses de conférence, comme ce qu’on va voir en fin de semaine. C’est pour mettre la lumière sur les talents qu’on a ici en Atlantique, mais aussi pour permettre des occasions de réseautage entre des professionnels de la photographie et aussi des artistes qui travaillent à partir du médium photographique», a expliqué Annie France Noël.
Les organisateurs attendent une cinquantaine de photographes et invités de l’Atlantique, d’ailleurs au pays et dans le monde. L’artiste qui conjugue photographie et pratique artistique rappelle que ce médium de l’image se déploie dans différentes sphères, mettant de l’avant l’expérience humaine.
«On espère que le public sera vraiment au rendez-vous pour justement découvrir, non seulement les travaux tels quels, mais aussi toutes les recherches, les processus, autant d’un point de vue du photojournalisme que du travail artistique.»
Parmi les activités au menu, on propose des vitrines de quelques minutes afin de permettre à des photographes professionnels ou en voie de professionnalisation de l’Atlantique de présenter leurs œuvres et de parler de leur travail avec le public.
«On se connaît un peu nous ici, mais là, c’est une occasion vraiment de montrer ça devant un public plus large, mais aussi devant des gens qui viennent d’un peu partout au pays. C’est vraiment diversifié en termes de lieux géographiques et de points de vue, de bagages historiques, culturels.»

Une photographie d’un goéland sur la Baie de Fundy de Chris Donovan. – Gracieuseté: Chris Donovan pour le New York Times

Annie France Noël – Gracieuseté: Annie France Noël
Une belle visibilité
Annie France Noël estime que ce genre de festival est important pour la visibilité de la région et pour le monde de la photographie. Une occasion aussi pour les artistes de sortir de leur atelier et de discuter de leur pratique et des enjeux qui les touchent.
«Ça braque vraiment les yeux de tout le monde sur notre région puis ce qu’on a à offrir justement en termes d’infrastructures et aussi de pratiques en photographie. Il y a quand même énormément de gens qui oeuvrent là-dedans. Puis, on se connaît bien dans nos petits réseaux, mais ça nous donne l’occasion justement d’élargir ces réseaux-là.»
Elle estime que la photographie est un médium bien vivant comme en témoignent les nombreuses pratiques. La photographe précise qu’elle ne manque pas de travail.
«[…] Je pense que les gens seront toujours attirés par ce médium-là. Je pense que l’acte de témoigner comme ça et de capturer par image aura toujours sa place. C’est pertinent plus que jamais.»
Les espaces photo
L’environnement, la photographie et la maternité, ainsi que l’avenir des espaces photo au Canada figurent parmi les sujets qui seront abordés en conférence. Comment les lieux dédiés à la photographie peuvent-ils exister dans le climat économique et politique actuel? Les organisateurs veulent présenter des exemples de projets innovateurs.
«Comme on a invité Catherine Arseneault qui est la directrice présidente de Fstop Studio à Moncton, qui est un nouveau centre d’artiste en devenir qui se voue à la production de la photographie argentique et des pratiques alternatives.»
La photographie argentique est une pratique qui intéresse beaucoup de gens, note Annie France Noël. Les départements d’arts visuels des universités Mount Allison et Moncton ont encore des chambres noires actives.
«Je crois qu’apprendre la photographie argentique permet une meilleure compréhension de la photographie numérique après. Ce sont des procédés qui sont plus dans la lenteur, c’est plus dans le concret, donc il y a beaucoup de magie là-dedans.»
La majorité des expositions présentées dans le contexte du festival seront en montre pendant tout le mois d’avril. D’autres activités seront proposées au cours des prochaines semaines. Les organisateurs comptent tenir le festival annuellement dans différentes régions de l’Atlantique. En 2026, il aura lieu à Fredericton et en 2027 à Saint-Jean.
Toute la programmation du festival peut être consultée sur le site www.photoeast.ca.
sultée sur le site www.photoeast.ca.
Crédit: Lien source