Un tronçon de la Rivière à la Truite a été restauré l’été dernier pour limiter l’érosion et les risques d’inondations à Edmundston dans le nord-ouest du Nouveau-Brunswick. Pour cette première saison de crue printanière, les travaux semblent avoir fonctionné : les résidents sont restés les pieds au sec jusqu’à maintenant.
Un texte de Allyson Dubé
Tous les printemps, la fonde des glaces et la montée des eaux fait également grimper le stress des résidents. Cette année dans le quartier Saint-Jacques à Edmundston, les habitants ont moins de maux de tête.
Jusqu’à maintenant, le canal Demers de la Rivière à la Truite n’a pas débordé de son lit. L’été dernier, des travaux de restauration ont eu lieu dans ce secteur de la rivière pour atténuer les inondations et l’érosion de cette portion qui mesure de 230 mètres.
La rivière à la Truite prend sa source à Dégelis au Québec et se déverse dans la rivière Madawaska au Nouveau-Brunswick. Photo : Radio-Canada/Allyson Dubé
La municipalité avait identifié que le secteur était à risque, suite à plusieurs inondations notamment lors des pluies torrentielles qui ont frappé la ville en 2023.
C’était rendu essentiel, parce qu’on le voyait année après année, avec nos cartes géographiques et aussi tout ce qu’on pouvait avoir sur le terrain. Chaque printemps, le terrain était en train de se faire manger
, explique Éric Marquis, le maire de la ville d’Edmundston.

Stéphanie Paradis-Léger a fait de la rivière à la Truite sa thèse de maîtrise. Photo : Radio-Canada/Allyson Dubé
La chercheuse en écologie appliquée, Stéphanie Paradis-Léger, a étudié le cours d’eau de fond en comble. Son étude est venue démontrer que ce tronçon constituait une zone prioritaire.
C’est un projet qui a été mis en branle en 2018. On a remarqué qu’il y avait beaucoup de transport de sédiments dans la rivière. Justement, cette section-ci, ça changeait beaucoup d’année en année, les sédiments s’accumulent beaucoup, de façon excessive. Ça rapetissait la rivière
, explique Gary Cyr, coordonnateur de la voie publique à la ville d’Edmundston.

Gary Cyr a participé au projet depuis le début des études, en 2018. Photo : Radio-Canada/Allyson Dubé
Il a été déterminé que le canal Demers devait subir une restauration de sa plaine inondable, c’est-à-dire la zone autour de la rivière qui est occasionnellement inondée. Des signes visibles d’érosion avaient commencé à marquer les berges et le pont qui traverse ce secteur.
Cette restauration a été financée par le Fonds mondial pour la nature, plus communément appelé le World Wildlife Fund (WWF), qui a octroyé 150 000 $ pour les travaux.
D’autres travaux à venir
Maintenant, avec les changements apportés, l’érosion a a diminué, ce qui permettra de préserver le cours d’eau à long terme dans ce secteur.
Ça fait qu’est-ce qu’on voulait que ça fasse. Ça a agi.
Mais la Rivière à la Truite fait 32 kilomètres. D’autres modifications devront être apportées, pour préserver l’ensemble du cours d’eau.
Un des objectifs était que la rivière arrive au pont de manière plus naturelle et perpendiculaire. Photo : Ville d’Edmundston
La ville d’Edmundston étudie maintenant quels autres secteurs doivent être ciblés au cours des prochaines années à venir afin de permettre à la rivière de mieux se comporter en temps de fonte printanière ou en cas de pluie extrême dans les prochaines années
, ajoute Gary Cyr.
Dès cet été, ils se pencheront sur l’autre côté du pont. Ils retireront entre autres les murs de retenues pour une trajectoire plus naturelle de la rivière. Ils recevront 225 000$, encore du WWF. D’autres projets pourraient être réalisés incessamment sur cette rivière.
Crédit: Lien source