une sénatrice guyanaise demande des scanners corporels pour détecter la drogue ingérée par les mules

Lors des questions au gouvernement ce mercredi 2 avril au Sénat, la sénatrice guyanaise Marie-Laure Phinera-Horth a interpellé le gouvernement sur la proposition de loi pour lutter contre le narcotrafic. Ce texte ne va pas assez loin, selon la parlementaire qui souhaite le déploiement de scanners corporels

L’Assemblée nationale et le Sénat doivent se mettre d’accord le 10 avril prochain en commission mixte paritaire sur la proposition de loi de lutte contre le narcotrafic.

Mais pour la sénatrice guyanaise Marie-Laure Phinera-Horth (groupe RDPI, ex-LREM), les mesures retenues « resteront incomplètes » car le texte d’après elle ne prend pas en compte « le phénomène des mules qui frappe nos territoires ultramarins » et en particulier la Guyane.

« Chaque vol au départ des Antilles ou de la Guyane transporte des mules qui ont ingéré des ovules de cocaïne au péril de leur vie« , déplore-t-elle lors des questions au gouvernement ce mercredi 2 avril. Le trafic de drogue a certes été ralenti par les contrôles mais pas totalement jugulé, selon la sénatrice.

« Pourtant, d’autres solutions existent, rappelle-t-elle. Après les Pays-Bas, la Belgique se dote à son tour d’un scanner corporel capable de détecter la cocaïne in corpore. »

La réglementation française oblige les autorités compétentes de sûreté nucléaire et de santé à « délivrer un agrément pour autoriser ces installations mais cette situation est trop importante pour ne pas engager cette démarche au plus vite« , réclame la parlementaire.

« Pourquoi la France tarde à emboîter le pas aux Belges et aux Hollandais en installant des scanners corporels aux aéroports parisiens ?, conclut-elle. L’inaction pourrait paraître comme une volonté de laisser faire. »

« Je pense qu’ils ont raison« , lui répond le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau. « Pourquoi est-ce qu’il y a un problème chez nous ? Parce qu’on considère que c’est un acte médical qui dépend des autorités de sureté nucléaire et des autorités de santé« , déclare le ministre avant d’affirmer clairement : « Je suis pour changer cette réglementation. »

« Car les mules quand elles ingèrent ces capsules mettent en jeu leur propre en vie« , poursuit-il encore, faisant écho aux propos de la sénatrice. 

Qu’est-ce qui est le plus dangereux ? De détecter les capsules ou de mettre en jeu la vie de celles et ceux qui transportent jusqu’en France un certain nombre de ces drogues ?

Bruno Retailleau

lors des questions au gouvernement au Sénat

« J’appelle à ce qu’il y ait une réaction à ce que l’on fasse comme les pays voisins, c’est important« , a-t-il insisté.

Bruno Retailleau n’a cependant pas annoncé qu’un projet de loi en ce sens serait déposé ni qu’il en discuterait avec les ministères concernés, passant directement aux chiffres des contrôles de sécurité.

Il s’est ainsi félicité que sur les aéroports parisiens de Roissy et Orly, « pour les seuls trois premiers mois de cette année, on a arrêté autant de mules que sur toute l’année 2024« . 4.000 refus d’embarquement ont également été prononcés.


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