La grâce présidentielle accordée à l’ex-chef de la junte guinéenne, Moussa Dadis Camara, vendredi 28 mars 2025, suscite des indignations au sein de la classe politique et de la société civile, rapportent mercredi 2 avril, des médias internationaux.
Condamné à 20 ans de prison pour crimes contre l’humanité dans l’affaire du massacre du 28 septembre 2009, l’ancien dirigeant a bénéficié d’une libération anticipée pour « raisons de santé », sur décision du général Mamadi Doumbouya.
Si certains y voient un « geste humanitaire » en cette fin de Ramadan, de nombreuses voix dénoncent un « déni de justice » et une atteinte à la lutte contre l’impunité.
« Cette grâce fragilise la crédibilité de la transition et de l’engagement du président Doumbouya en faveur de la justice », s’est insurgé le responsable de l’Union des forces républicaines (UFR), Mouctar Kalissa.
Le MoDeL, parti de l’opposant Aliou Bah, condamné récemment pour « offense au chef de l’État », critique un « paradoxe troublant ». « Gracier un condamné pour crimes contre l’humanité et réprimer les voix dissidentes démontre un renversement des valeurs », a déploré son porte-parole Souleymane Kourouma.
Les opposants à cette décision redoutent qu’elle n’ancre davantage l’impunité en Guinée et compromette la justice pour les victimes du massacre.
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