Vieillir est-il démodé ? – Les Echos

Oubliez la surenchère utopique d’un Bryan Johnson, entrepreneur californien en quête de jeunesse éternelle, aux extravagances drastiques documentées sur les réseaux sociaux. Si l’ambition d’une vie plus longue et d’une santé optimisée est plus que jamais de mise, nombre d’experts amènent des arguments scientifiques au sein d’un secteur volontiers sujet aux tendances éphémères.

Pilier d’une vie prolongée, l’épigénétique figure au coeur des discours liés au bien-être. Encore méconnue il y a quelques années, cette science en pleine expansion désigne l’influence de l’environnement et du mode de vie sur l’expression des gènes. Alimentation, activité physique et hygiène de vie, mais pas seulement : une vie sociale épanouie, une meilleure gestion du stress et des déceptions du quotidien sont également des facteurs clés pour une vie plus longue et une meilleure préservation de nos fonctions cognitives, comme l’explique le Dr Francois Sarkozy dans son dernier ouvrage au titre évocateur, « Ne vieillissez pas, vivez ! », paru aux éditions Leduc (2026).

« Pour simplifier les choses, le génome, c’est ce dont on hérite ; l’épigénome, c’est ce qu’on fait, explique le médecin passionné, apôtre de la prévention et d’un état d’esprit positif. Nos comportements entraînent des réactions chimiques qui modifient l’expression de nos gènes. C’est démontré, une activité physique quotidienne, qu’il s’agisse de marcher de façon soutenue ou de faire du vélo, entraîne une diminution de la vitesse de réduction de nos télomères, processus à l’origine du vieillissement. On établit désormais un âge chronologique, celui de notre passeport et un âge biologique, évalué en fonction du surpoids, de la sédentarité, d’un stress trop important ».

Equilibre entre discipline et plaisir

Une approche globale et véritablement holistique, loin de se cantonner au seul sport et à des diètes draconiennes.

« Je prône un équilibre entre discipline et plaisir, poursuit le Dr François Sarkozy. La composante mentale est aussi essentielle. Eloigner les personnes toxiques de son entourage, cultiver une approche spirituelle. Pour vivre plus longtemps et en bonne santé, j’ai la conviction qu’il faut des moments de bonheur, et cela s’apprend. Des neurobiologistes ont prouvé que les gens curieux, désireux d’apprendre développaient certaines parties du cerveau qui pouvaient aider à récupérer en cas d’accident vasculaire cérébral. Le lien social est décisif. L’isolement est un poison pour la santé, littéralement »

Une philosophie explorée par les hauts lieux de la longévité depuis plusieurs années. Adresses prisées des athlètes de haut niveau et des dirigeants venus des quatre coins du globe, la SHA Wellness Clinic ou le Palace Merano ont fait du mieux-vieillir leur domaine d’expertise, repoussant les limites de l’avancée en âge grâce à des accompagnements médicaux sur-mesure et des technologies de pointe.

De nouveaux établissements à Paris

Des institutions récemment rejointes par des lieux parisiens novateurs tels que Zoī ou la bien nommée Maison Epigenetic. Implanté au coeur de l’ouest parisien et récemment à Cannes, ce QG de la longévité fonctionnelle a été créé par Xavier Rambaud et Nicolas Olivier en association avec le Dr Valérie Leduc, experte en épigénétique forte de trois décennies d’exploration des techniques de rajeunissement et des biomarqueurs. Capacité pulmonaire, âge artériel, scans 3D, impédancemétrie et âge cutané y sont scrutés au cours d’un « Longevity check-up », incluant des analyses sanguines et d’éventuels rendez-vous avec un médecin partenaire.

Le hall d’entrée de Zoi, à Paris.Photo ©11h45

« Notre pari a été d’imaginer un lieu non médicalisé mais scientifique, orienté data et technologie, explique Xavier Rambaud. Des adresses urbaines et quotidiennes entre la clinique et la salle de sport, qui permettent un suivi de nos clients sur le long terme afin de voir leur âge biologique rajeunir. Nos trois piliers ? La performance, soit le développement du muscle pour réguler les hormones, la glycémie, le système cognitif et protéger des chutes ; mais aussi la beauté régénérative et la récupération. »

La bonne nouvelle ? Même si la prévention est décisive, l’âge biologique peut se modifier même sur le tard. « Une étude américaine réalisée chez des vétérans a prouvé que des changements de comportements survenus même à 50 ou 60 ans diminuent les accidents cardiovasculaires et augmentent l’espérance de vie de 10 à 15 ans, confirme le Dr François Sarkozy. Mon message, c’est donc qu’il n’est jamais trop tard ! »

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