Guillaume Voisenet
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Avant de se consacrer à l’art pyrotechnique, Dominique Delmarre a été directeur au sein de l’Armée du Salut, notamment à Radepont (Eure). C’est en 1996, à Dangu qu’il fait la connaissance de son voisin d’en face, artificier de métier. « J’ai commencé à m’y intéresser », se souvient-il. Ses premiers feux d’artifice, il les tire à l’occasion de la fête de la Saint-Jean, en bord de rivière.
Formé sur le terrain
Formé aux côtés de Jean-Paul Magniez et de Christian Lhomoy notamment, il obtient son agrément d’artificier délivré par la préfecture de l’Eure en 2000. Pour continuer à aller sur les pas de tir, l’habitant d’Etrépagny doit renouveler tous les deux ans en justifiant d’au moins trois grands feux d’artifice.
Il se souvient des débuts, marqués par des techniques bien plus dangereuses qu’aujourd’hui : la « planche à clous » et les longues mèches d’allumage, qui laissaient peu de temps pour se mettre en sécurité après avoir allumé la bombe au mortier.
« Il fallait se mettre rapidement en position de sécurité. »
Dominique Delmarre alias Dom dans le monde de l’artifice a travaillé pour plusieurs sociétés. D’abord France Arts et Feux puis SPL Event et aujourd’hui France Artifices à Duclair (Seine-Maritime), qui compte 120 à 130 artificiers qualifiés. Il insiste sur la dimension pédagogique du métier, où les artificiers expérimentés comme lui forment les plus jeunes.
Des journées marathon
Les jours de feu d’artifice commencent tôt : montage dès 8 h 30, démontage jusqu’à 3 ou 4 heures du matin, avec l’obligation de laisser le terrain impeccable.
Le feu d’artifice de la fête Saint Gervais-Saint Protais à Etrépagny, qui a duré entre 20 et 25 minutes samedi 20 juin 2026 représente à lui seul un budget de 24 000 euros, entièrement financé par le comité des fêtes via une subvention municipale. Celui qui fut conseiller municipal entre 2020 et 2026 est attaché à ce que cet événement reste gratuit depuis la crise du Covid.
Au Royaume-Uni, festival de Loire, Chantilly et dans le Vexin
En trente ans, Dom compte plusieurs dizaines de feux d’artifice à son actif.
« J’en ai tiré au Royaume-Uni, à Manchester et Cardiff mais aussi au festival de Loire, au château de Chantilly, à Cannes ou à Enghien. Ce sont à chaque fois des expériences formidables. »
Quand il en parle, Dom a des étoiles dans les yeux, les mêmes que celles du public qui assiste à un feu d’artifice.
Sa saison est rythmée par trois à cinq rendez-vous dans l’année : la fête de Noël à Longchamps, la fête de la Saint-Jean à Dangu, qui n’a pas eu lieu à cause de la canicule et la Fête nationale à Neaufles-Saint-Martin. Mais le feu d’artifice prévu lundi 13 juillet a été annulé par arrêté municipal et reporté au 26 septembre.
Le mois de septembre s’annonce particulièrement chargé puisque Mainneville et Beauvais (Oise) sont également programmés.
Dom évoque aussi les contrôles réguliers des autorités – gendarmerie ou préfecture – qui viennent vérifier les agréments des artificiers sur le terrain, une exigence de sécurité qu’il juge indispensable.
« J’ai toujours mon agrément dans la caisse à outils, ou j’ai une carte professionnelle qui me permet d’accéder sur tous les pas de tir. »
Une vie associative bien remplie
Loin des feux d’artifice, Dom chante au sein de la chorale du Chœur du Vexin normand et joue de la musique dans l’Harmonie municipale, ainsi qu’avec le groupe Friday Music Friends.
Trente ans après ses débuts, il continue à concilier cette passion exigeante avec un engagement associatif et musical fort dans sa ville d’Etrépagny.
« Tant que je suis valide et que j’ai toute ma tête, je continuerai », insiste celui qui aura 70 ans au mois d’octobre.
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