Le chef de l’aide humanitaire de l’ONU alerte sur un risque imminent de famine au Soudan du Sud

Diyar Güldoğan

17 Avril 2026Mise à jour: 17 Avril 2026

AA / Washington / Diyar Guldogan

Le chef des opérations humanitaires de l’ONU, Tom Fletcher, a averti vendredi que le Soudan du Sud est menacé de famine, dans un contexte de recrudescence des violences, d’insécurité alimentaire croissante et de recul du soutien international.

Intervenant par visioconférence devant le Conseil de sécurité, il a fait état d’une situation en nette détérioration après une récente visite dans le pays, évoquant un profond sentiment de « désespoir et d’abandon » parmi la population.

« Le plus jeune État du monde se trouve à un tournant dangereux », a-t-il déclaré.

« Le conflit s’intensifie, les déplacements augmentent, la faim progresse, les maladies se propagent, les attaques contre les humanitaires se multiplient, tandis que les financements diminuent. »

Selon lui, deux Sud-Soudanais sur trois auront besoin d’une aide humanitaire cette année. Pourtant, le plan de réponse humanitaire, estimé à 1,46 milliard de dollars, n’est financé qu’à 22 %.

Sans intervention urgente, la situation risque encore de s’aggraver, a-t-il prévenu.

« Je crains que mon prochain briefing ne fasse état d’une famine. Plus de 7,5 millions de personnes auront besoin d’une aide alimentaire cette année », a-t-il ajouté.

Pour éviter un basculement vers une famine généralisée et un effondrement du pays, Tom Fletcher a appelé le Conseil de sécurité à agir sans délai sur trois priorités : garantir un accès humanitaire rapide et sans entrave, accroître les financements flexibles et faire pression sur les parties au conflit pour qu’elles respectent le droit international humanitaire.

Au-delà de l’urgence, il a insisté sur la nécessité d’une solution politique durable, appelant à relancer les efforts en faveur du respect des cessez-le-feu et de la mise en œuvre de l’accord de paix revitalisé.

« L’action humanitaire peut sauver des vies, mais seule la paix permettra de mettre fin à cette crise », a-t-il conclu.

* traduit de l’anglais par Ayse Betul Akcesme

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