Pour sa nouvelle exposition, le Musée des Confluences à Lyon (Rhône) met à l’honneur le sogo bò, une tradition théâtrale née au Mali sur les rives du fleuve Niger. À travers une collection d’exception, « Au Mali, quand les animaux dansent » met en lumière un art ancestral vivant, aujourd’hui menacé.
Masques, marionnettes, figurines : une centaine de pièces collectées le long du fleuve Niger nous plongent dans l’univers du sogo bò (littéralement « les animaux sortent »). Il s’agit d’une forme de spectacle née au Mali au XIVᵉ siècle, qui rythme la vie des villages au passage des saisons. Pêcheurs et cultivateurs, hommes, femmes et enfants se réunissent pour prendre part aux festivités.
Une tradition théâtrale populaire
Yoann Cormier, le chef de projet de cette exposition, nous éclaire un peu plus sur cette pratique : « Il y a des scènes de la vie quotidienne, avec des personnages très attendus comme la vieille femme acariâtre, rapporte-t-il. Ça fait aussi référence à des professions comme des métiers agricoles. Mais il y a aussi des êtres plus mythologiques et tout ça vit pendant plusieurs heures de spectacle. »
Avec le Sogo bò, les animaux du Mali dansent au Musée des Confluences
Des savoir-faire transmis de génération en génération
Danses, chants, mais aussi fabrications et maniements des marionnettes se transmettent de génération en génération. Les porteurs de masques disparaissent sous des cascades de chaume, de plumes ou de tissus traditionnels. Des apparats qui ont été reconstitués pour l’exposition. Un apport qui met en valeur les pièces authentiques, sans les travestir.
« C’est un sacrilège de ne pas rajouter ces éléments et de montrer un masque sur un socle sans expliquer ce qu’il fait, et en quoi il est important pour ces collectivités, ces communautés. On n’est pas sur une notion d’objet sacré ou d’objet chef-d’œuvre. On est vraiment sur un objet usuel qui va servir à quelque chose, qui va servir au spectacle et à partir de là, il n’y a pas de sacrilège », explique Yoann Cormier.
Une collection exceptionnelle
D’une qualité exceptionnelle, les objets ont été réunis par Sonia et Albert Loeb, un couple de collectionneurs français. Au début des années 2000, la pratique du sogo bò était encore vivace au Mali avant d’être victime des troubles politiques, comme nous l’explique Hélène Lafont-Couturier, directrice générale du musée : « Il est en voie de disparition, de la présence des djihadistes qui y voient une pratique animiste et que tout rassemblement est une menace pour ceux qui y participent. »
Un patrimoine fragile mais préservé
La donation de la dite collection au Musée des Confluences assure une pérennité à ces savoir-faire ancestraux. Une tradition théâtrale inscrite au patrimoine immatériel de l’Unesco, mais dont la survie ne tient qu’à un fil.
L’exposition « Au Mali, quand les animaux dansent » est à découvrir du 03 avril 2026 au 07 février 2027.
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