Mali : Trois ONG saisissent la Cour africaine des droits de l’Homme pour de présumées exactions


Trois organisations internationales de défense des droits humains ont annoncé, ce lundi, avoir déposé une plainte contre l’État du Mali devant la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples. Il s’agit de TRIAL International, de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et de l’Union panafricaine des avocats (PALU). Elles accusent les autorités maliennes de graves violations des droits humains commises dans un contexte d’opérations militaires contre des groupes armés sur le territoire national.

Selon les organisations plaignantes, cette démarche judiciaire vise à établir la responsabilité de l’État malien dans plusieurs épisodes de violences survenus ces dernières années, notamment dans les régions affectées par l’insécurité et les opérations antiterroristes. Les ONG estiment que ces événements traduisent non seulement des exactions présumées, mais également des défaillances structurelles de l’État en matière de protection des populations civiles.

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Parmi les faits évoqués figure le massacre de Hombori, survenu en avril 2022 dans le centre du Mali. Selon les informations rapportées par les ONG, au moins 50 civils auraient été tués et plusieurs centaines d’autres arrêtés lors d’une opération militaire. Ces événements auraient été liés à des représailles après la mort d’un agent russe tué par un engin explosif improvisé.

Les plaignants citent également le massacre de Moura, survenu en mars 2022, qui reste l’un des épisodes les plus controversés du conflit malien récent. D’après des enquêtes des Nations unies, des militaires maliens ainsi que des éléments étrangers, souvent associés au groupe Wagner, auraient été impliqués dans la mort d’au moins 500 civils. Ces allégations continuent de susciter une vive attention sur la scène internationale.

Au-delà des faits eux-mêmes, la plainte met en cause la responsabilité de l’État malien pour incapacité présumée à prévenir les violences, protéger les civils, mener des enquêtes indépendantes, poursuivre les auteurs présumés et garantir des réparations aux victimes. Les organisations estiment que ces manquements contribuent à un climat d’impunité persistante.

Très présent en Afrique ces dernières années, le groupe Wagner a été régulièrement accusé par plusieurs rapports internationaux d’exactions contre des civils. Depuis 2023, sa présence au Mali aurait été remplacée par une nouvelle structure connue sous le nom d’Africa Corps, ce qui ne met toutefois pas fin aux interrogations sur les opérations menées sur le terrain.

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À travers cette action en justice, les ONG entendent relancer le débat sur la responsabilité des États en matière de respect du droit international humanitaire et renforcer la lutte contre l’impunité dans les zones de conflit.

Afriksoir

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