Le curaçao bleu est devenu un incontournable des cocktails comme le Blue Lagoon ou le Blue Hawaii. Pourtant, contrairement à ce que son nom laisse penser, cette liqueur n’est pas bleue à l’origine.
Il s’agit en réalité d’un triple sec, une liqueur à base d’écorces d’orange, naturellement transparente. Sa couleur bleue, aujourd’hui emblématique, provient simplement d’un colorant ajouté.
Ce choix n’est pas anodin : il évoque les eaux turquoise qui entourent l’île de Curaçao et participe largement à son succès à l’international.
Une boisson liée à l’histoire de l’île
Popularisée à partir des années 1960, notamment avec le film Blue Hawaii porté par Elvis Presley, elle s’est imposée dans les bars du monde entier.
La liqueur est bien produite sur cette île néerlandaise des Caraïbes, où elle constitue un élément du patrimoine local.
« La plupart des gens la connaissent sous le nom de curaçao bleu, mais la liqueur originale de Curaçao n’a jamais été bleue. Elle était transparente. C’est pourquoi on ne l’a jamais appelée curaçao bleu. Mais nous avons une version bleue qui inspire le reste du monde« , explique Genesis Riley, 39 ans, guide à la distillerie Senior, fabricant le curaçao de l’île.
« Le bleu est le plus connu, parce que c’est la couleur qui représente la mer des Caraïbes qui nous entoure. C’est devenu extrêmement populaire dans toute la région, puis c’est arrivé en Europe« , explique-t-elle, soulignant que, comme la boisson est le nom d’un pays, il n’a pas été possible de la patenter.
Aujourd’hui encore, plusieurs versions existent – bleue, rouge, verte ou transparente – mais la version bleue reste la plus connue.
La laraha, un fruit unique au monde
Derrière cette liqueur se cache un ingrédient essentiel : la laraha.
Cette orange particulière ne pousse qu’à Curaçao. Elle est issue d’une transformation progressive d’oranges importées d’Espagne par les colons, qui se sont adaptées aux conditions locales.
Avec le manque d’eau et la présence de sel dans les sols, le fruit est devenu immangeable et n’est cultivée que pour la boisson. Carses écorces, elles, sont très aromatiques.
Ce sont précisément ces écorces séchées qui sont utilisées pour fabriquer la liqueur de curaçao.
Un savoir-faire toujours ancré localement
La production de cette liqueur repose encore aujourd’hui sur ce fruit spécifique et sur un savoir-faire local.
Même si le curaçao est aujourd’hui reproduit dans de nombreux pays, celui fabriqué à Curaçao conserve cette particularité : il est directement issu de la laraha, un produit unique lié à son territoire.
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