Le multimilliardaire Elon Musk est attendu ce lundi 20 avril devant la justice française en audition libre dans le cadre d’une enquête à l’encontre de son réseau social X accusé de diffuser des images pédopornographiques et des deepfakes.
Le parquet de Paris auditionne le patron du réseau social X. L’homme d’affaires américain Elon Musk est convoqué ce lundi 20 avril en audition libre à Paris dans le cadre d’une enquête sur de possibles dérives sur son réseau social X. Il a en retour dénoncé « une attaque politique » alors que la justice française a affirmé poursuivre ses investigations y compris en l’absence du magnat américain. Aucune information n’a fuité sur le lieu et l’horaire de cette convocation du patron de Tesla et de SpaceX. Avec l’ancienne directrice générale de X, Linda Yaccarino, ils sont tous deux visés « en leur qualité de gérants de fait et de droit de la plateforme X au moment des faits », a déclaré le parquet de Paris qui pointe également la lutte contre l’impunité des géants du web.
Le parquet de Paris n’a pas hésité à ouvrir d’autres investigations concernant des activités d’importantes entreprises comme celles de la messagerie Telegram, de la plateforme de livestreaming Kick, de l’application vidéo TikTok ainsi que du site de vente de fast-fashion en ligne Shein.
Grok au cœur de l’enquête
Le fondateur de Telegram, Pavel Durov, a par ailleurs apporté ce lundi 20 avril son soutien à Elon Musk dans cette nouvelle affaire. « La France de [Emmanuel, ndlr] Macron perd en légitimité en instrumentalisant les enquêtes pénales pour réprimer la liberté d’expression et la vie privée », a-t-il dénoncé dans un message publié sur X et Telegram. L’enquête menée par le parquet de Paris est très symbolique car elle vise spécifiquement l’un des plus importants réseaux sociaux au monde : X, anciennement Twitter. Elle vise aussi l’un des hommes les plus riches et puissants de la planète qui était, il y a un peu plus d’un an, un fervent allié de Donald Trump, notamment lors des dernières élections présidentielles en 2024.
Depuis que les magistrats français ont diligenté en février dernier une perquisition dans les locaux parisiens de X et ont convoqué Elon Musk, ce dernier a déclaré que ces magistrats étaient « des attardés mentaux » sur son réseau social en mars dernier. Ouverte en janvier 2025, l’enquête du parquet de Paris dont est saisie l’unité nationale cyber de la gendarmerie « porte sur les éventuelles violations par la plateforme X de la législation française, à laquelle elle doit bien évidemment se conformer sur le territoire français », rappelle le parquet. En cause : une possible complicité dans la diffusion d’images pédopornographiques ainsi que de l’utilisation de l’intelligence artificielle de X, Grok, dans la création de deepfakes, c’est-à-dire de montages souvent très réalistes à caractère sexuel qui sont générés et publiés sans le consentement des victimes.
Un « acte judiciaire abusif » ?
Le réseau social avait dénoncé lors des perquisitions un « acte judiciaire abusif » qui reposait « sur des motivations politiques » et démentait toute infraction. Elon Musk assurait qu’il ne se laisserait « pas intimider ». « Le parquet de Paris tente manifestement d’exercer une pression sur la direction générale de X aux États-Unis en visant [son] entité française », critiquait l’entreprise américaine. « Conformément à la procédure pénale française, qui garantit à chaque mis en cause la possibilité de s’exprimer sur les faits dont il est soupçonné, les gérants et personnels de la société X font l’objet de convocations en audition libre », a rappelé en retour samedi 18 avril le parquet de Paris.
« Leur présence ou leur absence » n’est toutefois « pas un obstacle à la poursuite des investigations », a-t-il assuré, car « l’objectif » sur le long terme est « de garantir in fine la conformité de la plateforme X aux lois françaises ».
Des pièces de la procédure transmises aux États-Unis
« Les autorités judiciaires d’autres pays ont également ouvert des enquêtes visant X », a affirmé samedi 18 avril le parquet, qui précise également avoir transmis plusieurs pièces de la procédure au ministère américain de la Justice, aux bureaux du procureur général de l’État de Californie ainsi qu’au procureur de New York, « ainsi qu’à différents parquets européens ». Le Wall Street Journal a évoqué vendredi 17 avril une lettre du bureau des affaires internationales du ministère américain de la Justice mais le parquet de Paris a indiqué qu’il « n’a pas connaissance de ce courrier », selon l’AFP.
Dans cette lettre, la justice fédérale prend position pour le réseau social X, estimant notamment que l’enquête parisienne agit en opposition au premier amendement de la Constitution américaine sur la liberté d’expression, selon le journal américain. « Il est nécessaire de rappeler que la Constitution française garantit la séparation des pouvoirs et l’indépendance de l’autorité judiciaire. Les enquêtes pénales sont diligentées sous la seule autorité des magistrats », insiste le parquet de Paris.
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