« On est dans une sorte de bulle »: le témoignage fort de l’ex-ministre Jean-Marie Bockel dont le fils militaire est mort au Mali

L’ex-ministre Jean-Marie Bockel, dont le fils militaire est mort pour la France au Mali en 2019, revient sur le plateau de BFMTV sur son deuil mais aussi sur la prise en charge des familles endeuillées en France, quelques heures après la mort d’un deuxième militaire français de la Finul, blessé au Liban.

Jean-Marie Bockel, ex-ministre du Commerce, de l’Artisanat et du Tourisme, a perdu en 2019 son fils, le lieutenant Pierre-Emmanuel Bockel au Mali lors de l’opération Barkhane. Il avait 28 ans et allait bientôt devenir père.

Sur le plateau de BFMTV, l’ex-sénateur a retracé ces moments difficiles. Un témoignage partagé quelques heures après l’annonce de la mort du deuxième soldat français de la Finul « des suites de ses blessures » infligées au Liban.

Le 25 novembre 2019, Jean-Marie Bockel reçoit un appel qui va marquer à jamais le reste de sa vie: l’annonce de la mort de son fils. « La personne qui l’annonce était un sous-officier, il l’a fait avec beaucoup de délicatesse », rapporte-t-il, ajoutant que « l’armée est une grande famille » dans ces moments.

Pierre-Emmanuel Bockel faisait partie des 13 hommes mobilisés dans deux hélicoptères sur une opération d’appui aux commandos de la force Barkhane qui étaient au contact de groupes de terroristes. Lors d’une manœuvre, les deux appareils sont entrés en collision, s’écrasant à courte distance l’un de l’autre. Ce dernier est mort sur le coup avec 12 autres de ses camarades

« Ils sont morts pour la France, ce n’est pas rien »

« Le plus important ce n’est pas tellement les mots, c’est une forme de présence, d’empathie: nous ne sommes pas seuls, on a en face de soi de gens qui comprennent, qui ne jugent pas », explique-t-il, même si « toute institution à ses qualités et ses défauts ».

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Le père connaissait pourtant la notion de sacrifice enseigné aux militaires envoyés à l’étranger. Pour chacun d’entre eux, une photo doit être prise avec le drapeau français en fond, au préalable, si un militaire venait à mourir au combat. « Il nous en parlait assez facilement et en riant », se souvient l’ex-ministre.

Pour lui, « la question du sens » dans la mort de son fils n’est pas à négliger. « Ils sont morts pour la France, ce n’est pas rien », insiste Jean-Marie Bockel.

Celui qui raconte avoir accueilli les familles des militaires morts au combat lors de sa prise de fonction s’est retrouvé cette fois-ci de l’autre côté, parmi les proches endeuillés.

« Dans le moment d’intimité où on est dans une petite salle avec le cercueil, il y a pour chaque famille un militaire, on a chanté ensemble… », raconte Jean-Marie Bockel, visiblement très ému.

« L’institution ne nous laisse pas tomber »

Au cours de cette période particulièrement douloureuse, ce dernier relève avoir apprécié d’être bien « informé » sur la situation de son fils. « On est sensible au fait que l’institution prend les choses en main », après la mort d’un soldat, explique-t-il.

« Il y a le temps du deuil, qui est très important puis on est occupés parce qu’on est dans une sorte de bulle, mais l’institution ne nous laisse pas tomber », raconte l’ex ministre.

Aujourd’hui, Jean-Marie Bockel fait partie de l’association « Solidarité Défense » qui accompagne les militaires blessés en opération et leurs familles. Il organise notamment des séminaires pour « les mamans, pour les veuves » ainsi que des séminaires pour les pères endeuillés. Dans ces moments-là, « on traverse des hauts et des bas », assure-t-il.

Face à la récente mort du caporal-chef Anicet Girardin, rapatrié hier du Liban où il avait été gravement blessé par des combattants du Hezbollah, Jean-Marie Bockel a une pensée particulière pour sa famille ainsi que pour celle de l’adjudant Florian Montorio, mortellement touché au cours de la même embuscade.

« Je m’incline et salue, je pense beaucoup aux familles et à ses proches », évoque-t-il, affirmant toutefois que « la vie continue » et qu’il ne faut toutefois pas « laisser tomber ce pauvre et magnifique Liban » tombé malgré les morts.

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