Crachat et injure raciale pendant les municipales à Sainte-Anne : les protagonistes entendus par la gendarmerie
L’enquête sur les injures raciales et le crachat survenus à Sainte-Anne le soir du 17 mars dernier, en pleine campagne électorale, se poursuit ce mercredi 23 avril à la gendarmerie de Sainte-Luce.
Christophe Saint-Cyr, l’élu municipal qui a déposé plainte, a été entendu en tant que partie civile dès 14h. Mais aussi comme mis en cause.
En effet, l’homme filmé en train de lui cracher dessus aurait lui aussi porté plainte pour injures racistes. Les deux protagonistes ont été étendus cet après-midi dans ce dossier qui a suscité une vive émotion en Martinique.
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Une confrontation a eu lieu en présence de témoins, notamment un autre élu présent dans le véhicule lors des faits.
« Je suis très choqué »
Christophe Saint-Cyr, conseiller municipal et agriculteur, a livré son sentiment après la confrontation.
J’ai été convoqué à la gendarmerie de Saint-Luce en tant que parti civile ce mercredi. Mais j’ai également reçu une plainte de ce monsieur disant que nous l’avons traité de « sale blanc », ce qui n’est pas du tout le cas. Les vidéos font foi et aujourd’hui, ça prouve la mauvaise foi de ce monsieur. Durant la confrontation, nous avons gardé notre calme car nous sommes des gens très calmes et c’est pour ça que nous n’avons pas réagi lors de cet incident, on a toujours gardé notre ligne de conduite. Mais ne voilà-t-il pas que ce monsieur, durant cette confrontation, dit clairement : « Ça ne parlait que créole ». Ça veut dire ce que ça veut dire. « Ça ne parlait que créole ». Ça veut dire que « ça », c’est la façon dont il nous considère, nous Martiniquais et les Domiens en général. Je suis très choqué. Comme ce monsieur a réalisé qu’il était en difficulté, il essaie d’inverser les choses
Pour rappel, l’incident aurait débuté lorsque l’auteur du crachat, originaire de l’Hexagone, avait invectivé l’équipe de campagne municipale dénonçant des nuisances sonores causées par le véhicule et ses mégaphones.
Le ton était rapidement monté.
Christophe Saint-Cyr avait immédiatement porté plainte, affirmant avoir subi un crachat et été traité de « sale nègre ».
Son avocat, Me Eddy Arneton, se dit déterminé à ce que la plainte aille jusqu’au procès pénal.
L’audition de mon client était double aujourd’hui parce que ce monsieur, qui réside en Martinique, a décidé, lui aussi, de déposer plainte pour injure raciale. En vérité, c’est un raciste, un délinquant qui essaye, par lâcheté, de fuir ses responsabilités en inventant des injures raciales qui n’ont pas existé. Ce n’est pas très grave car, pour nous, il s’agit de suivre ce dossier pour qu’il aille jusqu’à son terme, c’est-à-dire devant un tribunal correctionnel. Il est très important que le parquet n’essaye pas de faire de cette affaire une affaire contraventionnelle. On ne peut pas lâcher ce type de comportement. Ce type de faits doit être sanctionné et de la façon la plus ferme possible
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