La communauté acadienne doit se réinventer et renouveler son leadership, estime un groupe de réflexion

À bout de souffle, la communauté acadienne doit se réinventer et renouveler son leadership, conclut un groupe mandaté par des organismes de défense de la culture acadienne pour faire le point sur son avenir.

« Il y a une sorte d’essoufflement des associations acadiennes et de la motivation des acteurs à s’identifier à l’Acadie », explique le sociologue Joseph Yvon Thériault, porte-parole du groupe de réflexion à l’origine du document. En 55 pages, le groupe revient sur les origines de la région de manière à mettre en avant les principaux défis qui guettent les Acadiens d’aujourd’hui. Commandée par la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick, l’Association acadienne des artistes professionnel.le.s du Nouveau-Brunswick et le comité citoyen Opération Nouveau Nom, la réflexion a été publiée lundi.

D’abord, explique le porte-parole du groupe indépendant, « on a tenté de définir l’Acadie ». Fondamentalement, il a eu à se demander « qui est Acadien ? ». Pour lui, la question est vaste et n’aura jamais été aussi complexe. « Est-ce que les nouveaux arrivants sont des Acadiens ou pas ? Est-ce que les Québécois qui arrivent au Nouveau-Brunswick sont des Acadiens ? » Oui, ont tranché les membres. « Tous ces gens-là sont des Acadiens parce qu’ils vivent les conditions historiques de ce qu’est l’Acadie. »

C’est important, selon M. Thériault, de baliser ces questions, justement parce qu’il voit apparaître « une volonté de remplacer l’identité et la culture acadiennes par une “identité” francophone ou bilingue ».

L’importance de l’éducation

Dans la vaste réflexion proposée, l’importance de l’éducation (et surtout du service à la petite enfance) est prédominante. Le groupe croit que la culture acadienne ne peut pas être revitalisée sans repenser la manière dont elle est présentée dans les écoles. « Une communauté peut survivre longtemps avec des symboles. Mais elle se fragilise lorsqu’elle perd la capacité d’expliquer son propre présent, ses institutions, ses défis, ses droits, ses vulnérabilités », écrivent les auteurs. Concrètement, ils croient que les programmes scolaires d’histoire doivent être améliorés pour intégrer des notions fondamentales de l’histoire de l’Acadie pour toutes les années de la scolarité.

Plus encore, le groupe juge que le financement de nouvelles écoles anglophones doit être repensé pour éviter l’assimilation de facto des enfants francophones.

La réflexion des auteurs se poursuivra dans les prochaines semaines, puisqu’ils ont invité la population à répondre à un sondage pour recueillir sa réaction et celle des intervenants. Ils prévoient de rencontrer certains répondants et de publier les résultats du sondage avant les États généraux de l’Acadie, en juin prochain.

Si le document ne formule pas de demandes précises au gouvernement, il l’appelle à l’introspection. « Le gouvernement du Nouveau-Brunswick doit donner l’exemple lorsqu’il est question d’utiliser le français et de mettre en valeur l’Acadie. Il faut aller au-delà d’un bilinguisme de façade. Le français doit occuper la place qui lui revient dans tous les aspects de la vie au Nouveau-Brunswick. Et la province doit mettre le mot “Acadie” au cœur de son discours. », est-il écrit dans le document.

« Il manque de leadership. De leadership qui s’affirme comme acadien. Les politiciens même ont de la difficulté à s’affirmer comme acadiens. Et donc, c’est un peu dans cette volonté-là que notre réflexion s’inscrit », conclut Joseph Yvon Thériault.


Ce reportage bénéficie du soutien de l’Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.

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