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La région du Nord-Ouest a subi une deuxième panne électrique en une semaine. Cette situation a tôt fait de raviver le débat sur la nécessité d’améliorer la fiabilité du réseau d’Énergie NB dans la région.
Contrairement à la semaine dernière, la panne de mercredi a affecté une plus petite partie du Nord-Ouest, soit Edmundston et le Haut-Madawaska. Environ 5000 clients ont néanmoins été affectés pendant de nombreuses heures.
Comme ce fut le cas lors de plusieurs pannes majeures dans cette région, un bris sur la ligne de transmission 70 est à l’origine de l’interruption la plus récente.
Cette situation avait même mené des élus et des gens de la communauté d’affaires des deux municipalités à se mobiliser pour exiger des travaux plus rapides sur cette infrastructure.
Selon les plans d’Énergie NB, des travaux n’étaient envisageables que dans cinq ans.
Visiblement frustré de cette nouvelle panne, le maire d’Edmundston, Eric Marquis, a organisé un point de presse afin d’exprimer son mécontentement. Il soutient qu’aucun autre endroit au Nouveau-Brunswick ne vit une situation similaire à ce qui se produit à Edmundston depuis quelques années.
«Je ne peux pas croire que c’est la deuxième fois que je dois tenir un point de presse parce que l’on a une panne d’électricité, un service essentiel.»
«(La panne) est une conséquence directe d’une infrastructure de transmission qui est carrément finie.»
M. Marquis a exigé qu’Énergie NB et le gouvernement provincial rencontrent l’administration municipale d’Edmundston dans les plus brefs délais. Il soutient qu’il n’y a eu aucune discussion entre les intervenants de la région et Énergie NB entre le lancement officiel de la mobilisation locale en février et les pannes de la dernière semaine.
Il demande aussi à la société de la Couronne de revoir ses plans en ce qui concerne la remise à neuf de la ligne 70.
«On nous dit que les travaux ne se feront pas avant les cinq prochaines années. C’est inacceptable. Chaque panne à des conséquences sur les citoyens et citoyennes de la ville d’Edmundston.»
Bien qu’Edmundston possède son propre service de distribution d’électricité, il dépend d’Énergie NB pour 90% de son approvisionnement par l’entremise de cette seule ligne de transmission.
Le maire Marquis considère que depuis 2019, alors qu’une panne d’envergure avait privé la ville de courant pendant près de 20 heures, Edmundston et ses environs sont dans une position de vulnérabilité.
«À l’époque, c’était directement lié à la ligne 70. Depuis ce temps, on entend toujours parler de la ligne 70. De la dizaine de pannes que nous avons eue depuis 2019, c’est toujours lié à de l’équipement qui se trouve sur cette ligne. Tout ce qu’on fait, c’est mettre des “plaster”.»
Selon lui, près d’une dizaine de pannes se sont produites dans les environs depuis 2019.
Il a énuméré certaines problématiques associées au manque de fiabilité du réseau électrique, à commencer par la sécurité publique.
«On avait un hôpital ce matin qui n’était pas pleinement énergisé, des résidences pour aînées où l’on ne pouvait pas leur faire à déjeuner, des stations de pompage qui ne fonctionnaient plus, des feux de circulation qui ne marchaient pas (…) On a des familles qui ne savaient pas quoi faire ce matin parce que des écoles ont été fermées.»
Il a aussi parlé des pertes économiques associées à la fermeture de plusieurs entreprises lors de ces pannes.
«Énergie NB porte une atteinte à la ville d’Edmundston. Pourquoi les gens viendraient-ils investir à Edmundston s’ils n’ont aucune garantie qu’ils vont pouvoir faire fonctionner leur usine, leur commerce ou leur entreprise?»
Trois demandes
La Ville d’Edmundston a également formulé trois demandes concrètes :
- À court terme, qu’Énergie NB présente immédiatement un plan d’urgence, incluant des mesures de redondance temporaire et des protocoles de communication améliorés.
- À moyen terme, un calendrier accéléré et contraignant pour les travaux, avec des jalons mesurables, et non des promesses vagues.
- À long terme, la mise en place d’une deuxième source d’alimentation électrique pouvant desservir Edmundston et le Haut-Madawaska.
Dans une réponse par courriel, Tracey Stephenson, une représentante d’Énergie NB, explique que la ligne de transport L0070 (ou ligne 70), s’étend sur plusieurs kilomètres, ce qui fait en sorte que la localisation et la réparation des problèmes peuvent être complexes, en particulier lors de périodes de forte demande électrique ou en raison des conditions météorologiques difficiles.
Elle a indiqué que des travaux visant à améliorer la fiabilité dans la région d’Edmundston sont déjà en cours et se poursuivent, ajoutant qu’au cours des dernières années, Énergie NB a réalisé d’importants investissements sur la ligne L0070, notamment avec le remplacement de 119 poteaux, des améliorations de l’équipement et des travaux de gestion de la végétation afin de réduire les risques de pannes.
«Nous travaillons en étroite collaboration avec Énergie Edmundston pour régler les enjeux de dégagement aux endroits où les lignes de transport et de distribution se croisent.»
Selon Mme Stephenson, une rencontre publique est prévue en juin. Énergie NB prévoit également discuter du dossier avec le maire d’Edmundston.
«Nous comprenons que les pannes de courant sont perturbantes et nous reconnaissons pleinement les répercussions qu’elles peuvent avoir sur les foyers, les entreprises et l’ensemble de la communauté.»
Un impact négatif dans le Haut-Madawaska
La région du Haut-Madawaska subit également les contrecoups de ces pannes électriques.
Le président de la Chambre de commerce du Haut-Madawaska, Réginald Nadeau, avait mentionné, lors du lancement de la mobilisation ligne 70 qu’une panne pouvait engendrer des pertes financières importantes pour des entreprises de la région.
Thomas Soucy, président-directeur général du Groupe Westco, confirme qu’une panne électrique peut engendrer des pertes financières de dizaines de milliers de dollars par heure.
«C’est difficile pour nos fermes, car ça prend de la ventilation et ainsi de suite. On a des génératrices en renfort partout, mais on les utilise de façon plutôt constante. On peut presque dire qu’Énergie NB est le “backup” de notre système indépendant plus que le contraire.»
Les couvoirs, l’endroit où sont incubés les œufs fécondés pour faire naître les poussins sont aussi à risque lors d’une panne.
«Ça prend de la ventilation et de la chaleur alors c’est très dépendant de l’électricité. On a notre système auxiliaire pour prendre le relais.»
Du côté de l’abattage, une panne de courant engendre des délais et force même l’entreprise à envoyer des oiseaux au Québec.
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