Semer les graines d’une culture de la paix : Pourquoi nous avons fondé le Conseil de la paix NB – NB Media Co-op
Depuis aussi longtemps que je m’en souvienne, j’ai ressenti que notre coin de pays, cette petite partie de la planète que nous appelons le Nouveau-Brunswick, existe dans un état de tensions permanentes. Qu’il s’agisse de nos débats linguistiques, de l’urgence climatique, de l’aliénation sociale ou de la lutte incessante entre le capital et le travail, le conflit semble être notre toile de fond.
Pourtant, en 2022, un constat s’est imposé à nous: ces tensions locales ne sont pas déconnectées du tumulte mondial. Dans un contexte où les puissances s’affrontent, où le spectre du conflit nucléaire ressurgit et où des millions de personnes sont déplacées par le militarisme, nous ne pouvons plus rester spectateurs. C’est dans cet esprit qu’est né le Conseil de la paix NB Peace Council le 13 mai 2022.
Notre démarche est ancrée ici, sur les terres non cédées de Wabanaki, la Terre du Soleil levant. Nous refusons d’accepter que le territoire serve à alimenter la violence, qu’elle soit écologique ou humaine. Pour nous, la paix n’est pas une simple absence de guerre, c’est un refus actif: le refus du massacre de nos écosystèmes et le refus de la complicité de l’État canadien ou des grands intérêts commerciaux dans l’oppression des peuples, que ce soit en Iran, au Liban, en Palestine, au Yémen, ou ailleurs.
Du coup, c’était pour refuser l’appui du Canada à la guerre israélo-américaine contre l’Iran que nous avons tenu notre tout premier ralliement le 14 mars dernier, défiant les intempéries.
Mon père m’a souvent répété que je ne pouvais pas changer le monde à moi seul. Il a probablement raison. Mais je refuse de croire que nous sommes impuissants pour autant. Si nous ne pouvons pas tout transformer d’un coup, nous pouvons certainement nous organiser pour améliorer notre réalité provinciale, pour protéger nos cours d’eau et pour cultiver une solidarité authentique entre citoyens.
Comment organiser cette lutte? Nous n’avons pas encore toutes les réponses, mais nous devons commencer à poser les bonnes questions. Le Conseil de la paix ne cherche pas à remplacer ce qui existe déjà, mais à rejoindre une grande agglomération de consciences. C’est pourquoi nous sommes solidaires avec les grand-mères Wolastoqiyik et la Coalition to Stop Sisson Mine. La paix implique aussi de défendre notre territoire contre la cupidité, l’extractivisme et les atteintes à l’environnement.
Les voix pour la paix se font rares dans les médias traditionnels, où le rôle de l’OTAN et du complexe militaro-industriel est souvent occulté ou glorifié. C’est pourquoi nous croyons qu’une véritable culture de la paix doit émerger par le bas, en réseau, en mobilisant toutes les sphères de la société civile néo-brunswickoise.
Nous sommes une organisation jeune, composée de citoyens de diverses régions et communautés linguistiques. Nous savons que le chemin est long et que nous paraissons parfois bien petits face aux enjeux mondiaux. Mais nous sommes confiants : plus nous serons nombreux à partager nos idées et notre énergie, plus notre mouvement prendra de l’ampleur.
Pour ceux qui, comme nous, refusent le silence et souhaitent participer à ce mouvement de paix, de dialogue et de désarmement, les portes de notre conseil sont grandes ouvertes. C’est ensemble que nous pourrons faire résonner un appel haut et fort pour la paix.
Denis Boulet est une enseignant et coprésident francophone du Conseil de la paix NB Peace Council. Pour toute personne souhaitant échanger avec nous, nous sommes joignables à paixnbpeace@gmail.com.
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