Ouverture des boulangeries le 1er mai : « On ne force pas quelqu’un à venir travailler », pointe Dominique Anract

Les boulangers n’ont toujours pas l’autorisation légale de faire travailler leurs salariés le 1er-Mai. Toutefois, le gouvernement en appelle à « l’intelligence collective », en clair à ne pas infliger d’amende cette année aux artisans ouverts avec des salariés volontaires. Un flou qui encourage Dominique Anract, président de la Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie française, à estimer que « 70% des boulangeries » seront ouvertes.

Franceinfo : est-ce que les boulangers ont prévu d’ouvrir aujourd’hui ou pas ?

Dominique Anract : Il y a des boulangers qui ouvrent, mais pour certains, ça n’a pas d’intérêt parce que la journée est très calme. Et face au flou actuel sur la réglementation, d’autres ont anticipé en décidant de fermer. Ils ne préviennent pas leurs salariés la veille pour le lendemain. Il y aura peut-être 70% de boulangeries ouvertes aujourd’hui. Pour certains, notamment sur le littoral, le 1er mai c’est une grosse journée, voire un petit Noël.

Les inspecteurs du travail vont pouvoir effectuer des contrôles aujourd’hui. Qu’est-ce que vous en pensez ?

Le sujet est sur la table depuis 2 ans et demi. Il y a un consensus à l’Assemblée nationale et au Sénat, et le gouvernement présente son projet de loi. Tout ça va dans notre sens. En cas de contrôle, nous demandons la clémence des inspecteurs du travail. On n’a pas violé, on n’a pas tué, et les salariés qui travaillent sont volontaires. 80% des salariés veulent travailler, et 12 millions de clients qui comptent sur nous. Et puis une verbalisation, ce n’est pas un jugement, on a vu en Vendée un magistrat prononcer une relaxe. Il a dû estimer qu’il ne fallait pas sanctionner un boulanger. Nous avons des services juridiques qui seront là pour défendre tous les boulangers. Les inspecteurs du travail peuvent faire leur travail normalement, ils seront bien accueillis, même avec le café et les croissants

Pensez-vous que le projet de loi va être adopté et qu’en 2027, la question de l’ouverture des boulangers et des fleuristes sera réglée ?

Nous sommes optimistes. Ce projet de loi est plus carré que le précédent. En plus le dialogue avec les syndicats de nos branches se passe bien.

Venons-en à la question du volontariat. Est-ce que les patrons ne sont pas tentés de forcer la main de leurs salariés ?

On a un sondage qui dit que 80% des gens veulent travailler. C’est plus intéressant de travailler le 1er mai que le 2, parce que c’est payé double. Évidemment il y a peut-être des pressions qui peuvent s’exercer, mais dans ce cas les salariés peuvent se tourner vers les prud’hommes. Dans nos métiers, on travaille en petites équipes, on se connaît, on prend la café ensemble, on discute, donc on sait très bien qui ça arrange de venir travailler et qui ça n’arrange pas. On ne force pas quelqu’un aujourd’hui à venir travailler, ça n’existe pas. Les jours fériés, ça coûte cher à l’entreprise, mais pour les salariés, 11 jours fériés dans l’année c’est loin d’être anecdotique sur une fiche de paye.


Crédit: Lien source

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.