VIDEO. Pourquoi tant de grèves dans le transport en Martinique ?

Depuis 35 ans dans le monde du transport, il n’y a pas une année sans un conflit majeur. Tout a commencé avec les taxis collectifs, lorsque les premières tentatives de modernisation du Conseil Général se sont heurtées, dans les années 90, à la tradition fortement ancrée du milieu : des chauffeurs de taxis qui étaient leurs propres patrons, décidaient de leurs propres horaires, mais en contrepartie, ne bénéficiaient d’aucun financement public.

Ce « mono-entreprenariat » est l’une des différences entre la Martinique et la Réunion, par exemple, où des entreprises de transport se sont constituées il y a déjà des décennies.

Pareillement, les entrepreneurs des bus ont longtemps été indépendants les uns des autres. Les quelques compagnies étant par ailleurs souvent liées financièrement à des élus politiques.

Pas de convention collective du transport

Autre différence entre la Martinique et la Réunion, mais aussi la Guadeloupe : il n’existe pas ici de convention collective du transport. Les salariés ne sont donc protégés que par les accords d’entreprises qui varient fortement d’une société à l’autre. Les travaux de l’ARACT pour l’établissement d’une convention collective se sont jusqu’ici heurtés à l’écueil du manque de représentativité dans le milieu patronal : qui doit parler au nom de dizaines d’entreprises différentes ? Martinique Transport, l’autorité unique née en 2018 n’a pas non plus donné de retour positif, jusqu’ici, aux tentatives d’établir cette convention collective.

Enfin, impossible de parler de la longueur des conflits sans évoquer les pratiques longtemps en vigueur : pour les salariés, le paiement des jours de grève ou l’emploi du « droit de retrait », un dispositif légal qui s’applique normalement en cas de « danger grave et imminent », et garantit le paiement des salaires. Et pour les patrons, des contrats qui permettaient d’être payés par les collectivités même en cas de défaillance du service. Un système qui ne poussait pas les uns et les autres à se presser à la table des négociations – mais qui a commencé à changer.

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