Côte d’Ivoire : la bataille du « panier de la ménagère » se joue désormais au village


C’est un paradoxe ivoirien persistant : alors que les terres du pays regorgent de richesses, l’assiette du consommateur urbain reste à la merci des soubresauts de l’approvisionnement. Mercredi 22 avril 2026, au siège de l’Office de commercialisation des produits vivriers (OCPV) à Abobo, le ministre du Commerce, Konaté Ibrahim Khalil, a tenté de briser ce cycle en validant une stratégie de rupture : le passage de la gestion de crise à la structuration industrielle.

Au cœur de cette offensive, un projet titanesque de 155 marchés de proximité répartis sur l’ensemble du territoire. L’objectif n’est plus seulement de construire des hangars, mais de résoudre le mal endémique de l’agriculture ivoirienne : la fragmentation. En regroupant des milliers de petites exploitations dispersées en pôles de collecte stratégiques, l’État espère enfin offrir aux grossistes les volumes nécessaires pour stabiliser les flux vers Abidjan.

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Régulation chirurgicale et souveraineté alimentaire

Le diagnostic posé par le directeur général de l’OCPV, Bernard Adou, est sans concession. Pour préserver l’équilibre du marché national, la Côte d’Ivoire n’hésite plus à brandir l’arme de la suspension temporaire des exportations. Cette régulation chirurgicale s’accompagne d’une cure de jouvence institutionnelle : le budget de l’Office a quadruplé, passant de 560 millions à plus de 2 milliards de FCFA, signe d’une reprise en main régalienne de la sécurité alimentaire.

Mais le défi reste immense. Entre l’occupation irrégulière du domaine foncier de l’État et la nécessité d’une digitalisation accélérée via les plateformes Info Prix et E-Grenier le chemin vers une souveraineté alimentaire réelle est encore parsemé d’embûches.

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Pour le ministre Konaté, l’enjeu est clair : transformer le vivrier en un secteur professionnel et formel, capable de résister aux chocs climatiques et géopolitiques mondiaux. En somme, faire de chaque marché de proximité le rempart d’une nation qui refuse d’avoir faim sur ses propres terres.

Le Bélier

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