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Rapport du COAPP : Le Mali et le Burkina Faso champions des dépenses militaires, mais à quel prix ?

Depuis 2020, les dépenses militaires explosent dans le Sahel sans pour autant parvenir à faire reculer la violence. C’est le constat alarmant dressé par le dernier rapport du Centre ouest-africain des politiques publiques (COAPP) sur la politique de défense et de sécurité, publié cette semaine. Le document pointe une hausse vertigineuse des budgets de sécurité au Burkina Faso, au Mali, au Niger et au Nigeria entre 2020 et 2024. Face à l’intensification des attaques terroristes et des conflits internes, ces États ont massivement redéployé leurs priorités budgétaires vers le secteur de la défense, au détriment d’autres secteurs sociaux.

Les chiffres révélés par le rapport témoignent de budgets qui pèsent désormais très lourd sur les économies nationales. Le Burkina Faso consacre en moyenne 17,5 % de son budget national et plus de 4 % de son PIB à la sécurité. Le Mali affiche un effort encore plus marqué avec 18,9 % du budget national et 4,2 % du PIB, une situation directement liée à la recrudescence des attaques de groupes armés depuis le coup d’État de 2021. Le Niger suit cette tendance avec 10,4 % de son budget national dédié à la sécurité. Quant au Nigeria, s’il voit sa part relative baisser légèrement à 7,1 % en 2024, il conserve le budget de défense le plus important de la région en valeur absolue pour faire face à l’insurrection de Boko Haram.

Pourtant, pour le COAPP, cette débauche de moyens financiers n’a pas entraîné de baisse notable de la violence sur le terrain. Les experts du centre soulignent que l’augmentation des dépenses n’est pas un remède miracle contre l’insécurité généralisée. Plusieurs facteurs expliquent ce paradoxe, notamment une approche jugée trop exclusivement militaire, au détriment des volets politiques et socio-économiques. Le rapport pointe également du doigt la mauvaise gestion des ressources, la corruption endémique et la faiblesse persistante des institutions étatiques qui freinent l’efficacité des investissements réalisés.

Face à ce constat d’échec partiel, le COAPP appelle les États à adopter une stratégie de sécurité globale. Celle-ci devrait intégrer la consolidation des institutions démocratiques, la promotion de la justice sociale et une véritable réconciliation nationale. Pour le centre de recherche, il est impératif de s’attaquer aux causes profondes des conflits, à savoir les inégalités sociales, la pauvreté, la marginalisation politique ainsi que les tensions ethniques. La gouvernance et la transparence sont présentées comme des conditions essentielles pour que les ressources allouées à la défense produisent enfin un impact réel et durable sur la sécurité des populations.

Auteur: Bernadette Seynabou FAYE
Publié le: Dimanche 03 Mai 2026

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