Bénin : Polémique autour de la prise en charge des prêtres malades au sein de l’Église catholique


Une vive controverse agite actuellement la communauté catholique béninoise, à la suite d’une tribune incisive publiée par l’ Enseignant, Chercheur, Fiacre Vidjingninou. Dans ce texte, l’auteur dénonce avec fermeté ce qu’il considère comme de graves défaillances dans la prise en charge de prêtres malades ou en difficulté, mettant en cause la responsabilité de la hiérarchie ecclésiale.

Une vive polémique secoue depuis quelques jours la communauté catholique béninoise, à la suite d’une tribune particulièrement virulente signée Fiacre Vidjingninou. Dans ce texte, l’auteur exprime une profonde indignation face à ce qu’il considère comme des manquements graves de certains responsables de l’Église catholique au Bénin, notamment dans la prise en charge de prêtres malades ou en difficulté.

A lire aussi : Kémi Séba sous le feu des critiques : Son aversion pour Abidjan remise en question

Au cœur de cette sortie, la mort du père Ursule Aholou, dont les circonstances et la gestion suscitent encore incompréhension et émotion. Pour Fiacre Vidjingninou, ce décès aurait dû marquer un tournant, un électrochoc capable de provoquer une remise en question au sein de la hiérarchie ecclésiale. « Je m’étais trompé », écrit-il, dénonçant ce qu’il perçoit comme une continuité dans « le silence » et « l’inaction ».

Des accusations graves et répétées

Dans sa tribune, l’auteur dresse une série de situations qu’il juge alarmantes. Il évoque notamment le cas d’un prêtre malade depuis plusieurs années, contraint de vivre chez ses parents faute de soutien institutionnel, ou encore celui d’un autre religieux abandonné à sa famille après une longue maladie. Le diocèse de Porto-Novo est particulièrement pointé du doigt, présenté comme un symbole d’une gestion défaillante et d’un manque de solidarité interne. Selon Fiacre Vidjingninou, certains prêtres seraient laissés à eux-mêmes, dans l’attente, sans assistance suffisante, malgré leur engagement au service de l’Église.

L’auteur cite également des tensions internes, évoquant le cas d’un prêtre en désaccord avec sa hiérarchie, qui aurait été écarté sans véritable médiation. Une situation qu’il qualifie de « lâcheté érigée en méthode ».

Abomey également interpellé

Le diocèse d’Abomey n’est pas épargné par les critiques. Fiacre Vidjingninou y décrit des situations qu’il juge tout aussi préoccupantes : un jeune prêtre victime d’un accident, en attente de soins adéquats, ou encore un prêtre retraité risquant la cécité faute de moyens pour une intervention chirurgicale. L’auteur souligne ce qu’il considère comme une « asymétrie choquante » entre les conditions de prise en charge de certains responsables ecclésiastiques et celles des prêtres de base.

Une interpellation directe des évêques

Au-delà des cas individuels, c’est toute la gouvernance ecclésiale que remet en cause Fiacre Vidjingninou. Il accuse certains évêques d’avoir « failli » à leur mission pastorale, privilégiant, selon lui, « le silence sur la vérité ». S’appuyant sur des références bibliques, notamment le livre d’Ézéchiel et l’Évangile selon Matthieu, il appelle à une prise de conscience et à une responsabilité accrue des dirigeants religieux. « Il y a une limite au silence. Nous l’avons atteinte », martèle-t-il, dans un ton grave et sans concession.

Cliquez ici pour vous abonner à lvoir’Hebdo, meilleur journal d’investigation de Côte d’Ivoire et première meilleure vente

Pour l’heure, aucune réaction officielle des autorités ecclésiastiques concernées n’a été enregistrée. Mais cette tribune relance un débat de fond : celui de la responsabilité morale et institutionnelle envers les serviteurs de l’Église, en particulier les plus vulnérables.

Afriksoir

Benin : Libération de Kémi Séba et Hery Djehuty après leur arrestation à Cotonou

Crédit: Lien source

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.