Mountaga Tall, avocat et homme politique malien opposé à la junte militaire, a été « enlevé » par des hommes encagoulés, selon sa famille

La famille de l’avocat Mountaga Tall a indiqué, ce dimanche 3 mai, que l’homme politique, critique de la junte militaire au Mali, avait été enlevé, samedi, à Bamako, la capitale du pays.

Un avocat et homme politique malien devenu critique de la junte au pouvoir, Me Mountaga Tall, a été « enlevé », samedi 2 mai, à Bamako par des hommes encagoulés, a appris ce dimanche 3 mai l’AFP auprès de sa famille.

Me Mountaga Tall a été membre du mouvement M5, acteur majeur de la contestation ayant contribué à la chute du régime de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) il y a six ans. D’abord allié aux militaires arrivés au pouvoir en 2020, il a ensuite pris ses distances avec la junte, devenant l’un de ses critiques.

« Deux hommes cagoulés sont venus l’enlever (samedi soir). Ils sont partis avec lui. Nous avons porté plainte pour ‘enlèvement' », a dit à l’AFP un membre de la famille de Mountaga Tall, qui ajoute avoir assisté à la scène.

Tous les soirs dans Le Titre à la Une, découvrez ce qui se cache derrière les gros titres. Zacharie Legros vous raconte une histoire, un récit de vie, avec aussi le témoignage intime de celles et ceux qui font l'actualité.
Un ministre tué, plusieurs dizaines de morts: au Mali, les attaques rebelles signent-elles la fin de l’influence russe?

Son épouse, qui tentait de photographier son arrestation, a été brutalisée par les hommes encagoulés, qui ont également emporté son téléphone, a ajouté un autre membre de la famille.

Le ministre de la Défense tué le 25 avril

Vendredi, le parquet militaire a ouvert une enquête après les attaques du 25 avril menées par des jihadistes alliés à des rebelles touareg, qui ont visé plusieurs positions stratégiques de la junte et de l’armée, notamment à Bamako et à Kati, tuant le ministre de la Défense et faisant au moins 23 morts.

Selon le parquet, les premières investigations révèlent des « éléments solides » de « complicité » de certains militaires, accusés d’avoir participé à « la planification, la coordination et l’exécution » des attaques, avec l’implication présumée de certains acteurs politiques, dont l’opposant en exil Oumar Mariko, ancien député et ancien candidat à la présidentielle.

Me Mountaga Tall assure par ailleurs la défense de plusieurs militaires arrêtés ces derniers mois par la junte pour « tentative de déstabilisation des institutions ». Il a également engagé des recours devant différentes juridictions afin de contester la décision portant dissolution des partis politiques par la junte.

Crédit: Lien source

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.