Depuis Nairobi, le porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l’Homme, Seif Magango, s’inquiète d’une situation qu’il qualifie de très préoccupante.
« Il y a eu des rapports extrêmement préoccupants faisant état d’exécutions extrajudiciaires et d’enlèvements qui auraient été perpétrés par des membres des forces de sécurité, à la suite des attaques des 25 et 26 avril », a deploré Magango.
Sur le terrain, les combats se sont intensifiés après les attaques coordonnées des 25 et 26 avril, revendiquées notamment par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, le Jnim, affilié à Al-Qaïda, et leurs alliés du Front de libération de l’Azawad.
Plusieurs localités du nord échappent désormais au contrôle de l’État, notamment la ville de Kidal, tandis que la capitale Bamako et certaines zones comme Diafarabé subissent un blocus, aggravant la situation humanitaire.
« Que disent-ils lorsqu’on a placé des bombes ? »
Dans ce contexte, certaines voix au Mali appellent à soutenir les autorités face à une menace sécuritaire jugée existentielle. Pour Fousseynou Ouattara, vice-président de la commission de la défense du Conseil national de transition, l’organe législatif non élu de la transition, l’Onu s’est fondement discréditée.
« Quand un peuple vaillant comme le peuple malien se bat contre des terroristes qui ont envahi notre territoire, au lieu de nous soutenir, on nous sort des rapports fallacieux pour dénoncer soi-disant des exactions extrajudiciaires. Que disent-ils lorsqu’on a mis des bombes et que plusieurs maisons se sont écroulées ? Même une mosquée s’est écroulée! », s’interroge Ouattara.
L’Onu et les ONG de défense des droits humains interpellent les autorités maliennes de transition sur des enlèvements et arrestations à Bamako.
Après l’avocat Mountaga Tall, figure politique et voix critique de la transition, enlevé chez lui pendant le week-end et emmené vers une destination toujours inconnue, plusieurs personnalités politiques ont été interpellées ces derniers jours par des hommes armés et cagoulés.
Appel à la levée du blocus
Parallèlement, l’Onu appelle à un cessez-le-feu immédiat et à un accès humanitaire sans entrave a affirmé Seif Magango, porte-parole du Haut-commissariat aux droits de l’Homme de l’Onu.
« Le Haut-Commissaire exhorte les autorités maliennes, ainsi que tous les groupes armés non-étatiques, à permettre et à faciliter un accès humanitaire sûr, durable et sans entrave à toutes les personnes dans le besoin. »
Une situation préoccupante donc, selon l’Onu, qui place le Mali sous haute-tension et sous le regard attentif de la communauté internationale.
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