706 000 euros de soutien communal pour la Régie des sports de Villers-la-Ville: « Une RCA sans intervention de la Commune, ça n’existe pas en Belgique francophone »

Ensemble pour Villers (EPV) a mis en évidence les pertes cumulées, qui représentent 50% des fonds propres. « Si c’était une société privée, elle serait mise en faillite, a commenté Bénédicte van Cutsem. Il faut y faire attention. Le soutien de la Commune, plus de 700 000 euros, cela fait 65 euros par habitant. Cela vaut la peine de le relever. »

Son colistier Jean-Pierre Brichart a estimé que le système de régie autonome n’est pas le bon: des complexes sportifs, ailleurs, fonctionnent en ASBL.

Une régie jugée plus avantageuse qu’une ASBL

Les chiffres 2025 ayant été présentés au conseil par le réviseur qui s’assure que les comptes sont exacts, la parole a été donnée à ce professionnel. Pour lui, le fonctionnement en ASBL n’est pas plus facile, et la formule de la RCA permet des gains intéressants en matière de récupération de la TVA.

Par ailleurs, les infrastructures sportives ne sont jamais rentables: partout, les Communes doivent financer leur RCA.

« Le niveau d’intervention dépend notamment des investissements, a détaillé le réviseur. Vous avez construit un complexe sportif pour 5 millions d’euros, il faut donc rembourser les emprunts. C’est incompressible. Une RCA sans intervention de la Commune pour le sport, cela n’existe pas en Belgique francophone. »

65 euros par habitant ? « Nous en sommes fiers »

Le bourgmestre Emmanuel Burton (MR), lui, a rappelé qu’en 2013, l’ensemble des partis avaient marqué leur accord pour une intervention communale annuelle de 650 000 euros indexée pour la RCA. Et aujourd’hui, le montant effectivement payé reste inférieur.

« Nous sommes très fiers d’investir 65 euros par habitant dans le sport, a ajouté le maïeur. Depuis les années 70, tout le monde a promis la construction d’un hall omnisports à Villers. Et nous, nous l’avons fait… »

Côté Écolo, Yves Willem a souligné le gros travail du personnel et du conseil d’administration de la RCA, et la déception de constater qu’il n’y a en quelque sorte pas de « rentabilité ». Alors que les plages horaires du complexe sportif sont pratiquement complètes.

« Les plages horaires étant occupées, si vous voulez augmenter les recettes, il ne reste qu’à augmenter les tarifs, a constaté le réviseur. Côté dépenses, les investissements et charges sont incompressibles. Ou il faut se tourner vers la masse salariale et les services. Votre hall a 13 ans, il y a des entretiens à faire. Peut-être pouvez-vous optimiser les dépenses en matière énergétique. Sinon, l’un des très rares sports rentables, c’est le padel… »

Un fonds de réserve toujours disponible

Emmanuel Burton a rappelé qu’un fonds de réserve avait été constitué lors de la création de la RCA pour se prémunir d’un couac au niveau de la récupération de la TVA. Pour l’instant, tout se passe bien à ce niveau et les 980 000 euros mis en réserve sont toujours là. Il y a donc une possibilité de puiser dans ce fonds pour financer le sport.

« Vous dites que vous êtes fier d’investir dans le sport, mais la RCA, ce n’est pas tout le sport, a nuancé Nadia El Abassi (Écolo). On ne parle ici que des infrastructures sportives. »

Lors du vote, Écolo a approuvé le compte et le bilan 2025 de la Régie communale autonome, tout comme la majorité, tandis qu’EPV a opté pour le « non ».

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