Le Ghana sécurise son Or brun : Jusqu’à 20 ans de prison pour les agriculteurs fraudeurs




L’Or du Ghana. Je ne parle pas du légendaire métal jaune, qui fit la réputation du pays et lui valut le nom de « Gold Coast » et tous ses malheurs (l’appétit sans fin des colons britanniques) je parle de cacao. Le Parlement ghanéen a décidé de sanctuariser sa culture. Normal vu ce que ça rapporte sur le marché mondial. Les députés ont voté un projet de loi qui pourrait coûter cher aux producteurs de cacao : jusqu’à 20 ans d’emprisonnement…

Qu’est-ce qui leur voudrait cette sanction d’une sévérité extrême ? Le fait de changer la nature de leurs exploitations agricoles sans l’autorisation formelle du gouvernement, selon un document consulté par l’Associated Press. Cette nouvelle disposition a été actée jeudi dernier, mais le contenu de la loi n’a été dévoilé publiquement qu’hier dimanche 2 juillet. À noter que le président John Mahama n’a pas encore promulgué la loi.

Ce projet de loi graverait sur le marbre toutes les exploitations cacaoyères, toute exploitation de ces terres pour d’autres activité sans l’aval des autorités serait donc une infraction caractérisée. Les agriculteurs sont vent débout contre cette réformé. «Si la loi reste telle qu’elle est actuellement, ce n’est pas juste», a pesté Moses Djan Asiedu, administrateur de la Ghana Cooperative Cocoa Farmers and Marketing Association Limited et producteur de cacao.

«De nombreux agriculteurs investissent leurs propres fonds pour acquérir des terres, les défricher et entretenir leurs plantations de cacao pendant des années avant de percevoir le moindre revenu, mais ils ne bénéficient que de très peu de soutien de la part du gouvernement», a ajouté le responsable.

«Si le cacao est un atout national, alors il faudrait également aider les agriculteurs à couvrir une partie de leurs coûts de production», a-t-il argué.

Les sanctions les plus lourdes ciblent l’exploitation illégale de l’or, ici la condamnation pénale peut aller de 10 à 20 ans de prison, à ajouter à une amende pour chaque cacaoyer décimé.

Des centaines de milliers d’agriculteurs d’Afrique de l’Ouest vivent de la culture du cacao. Chez le voisin du Ghana, la Côte d’Ivoire, les exportations de fèves de cacao pèsent 40% dans les recettes globale à l’export. Au Ghana c’est à peine quelque 15%, le gouvernement a la ferme intention d’inverser la tendance. Le secteur est déjà très bien structuré…

Les autorités de régulation déterminent un prix fixe pour la fève de cacao au début de chaque saison de plantation, et la plus grosse part des fèves est commercialisée par des opérateurs mandatés par l’État de manière à protéger les agriculteurs des oscillations des cours sur le marché international.

Toutefois depuis l’envolée des prix du cacao sur le marché mondial, en 2024, ces contrats à terme – s’accorder sur la cession de la matière première à un tarif fixé à une date ultérieure – ont sont montés à plus de 12 000 dollars la tonne métrique, du jamais vu depuis des décennies. Après le pic les prix sont retombés à près de 4000 dollars, l’offre ayant inondé les marchés. À présent les pays producteurs tentent de rationaliser pour que la denrée reste rare et donc plus cher.




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