L’hommage de l’ex-otage allemand libéré au Niger

Le ministère de la Défense nationale a annoncé, hier, la prise en charge d’un ressortissant allemand enlevé au Niger par un groupe criminel armé, avant de l’acheminer vers la base aérienne de Boufarik.
Dans son communiqué rendu public, le MDN a précisé que «les services de sécurité de l’Armée ont reçu, vendredi 7 août, le ressortissant allemand Ulumaskan Sinan, enlevé par un groupe criminel armé au Niger». Son transfert a été effectué depuis la Base de déploiement secondaire d’In Guezzam, relevant de la 6e Région militaire, vers la base aérienne de Boufarik, dans la 1re Région militaire, à bord d’un avion spécial. Il doit ensuite être remis aux autorités allemandes, afin de regagner son pays. Le MDN n’a pas donné de détails sur la libération de l’otage, mais le témoignage de la victime laisse clairement comprendre que l’Algérie aura joué un rôle important dans le dénouement de cette affaire qui vient confirmer, si besoin est, de l’efficacité de l’Algérie dans la sécurisation de son environnement sahélo-saharien. En effet, tout en affirmant qu’il «se trouve actuellement en bonne santé», le ressortissant allemand, qui s’exprimait dans une vidéo diffusée par le MDN, a non seulement exprimé «ses remerciements aux autorités militaires algériennes pour le chaleureux accueil qui lui a été réservé et les soins qui lui ont été prodigués» ainsi que sa «profonde gratitude pour les efforts déployés par les hautes autorités du pays, à leur tête le président de la République, afin de lui assurer un retour sain et sauf dans son pays», mais il a également affirmé que n’était l’armée algérienne, il serait mort.

«Ce fut une opération de grande envergure»

Le témoignage livré par le ressortissant allemand donne une dimension particulière à sa libération. Il décrit une captivité éprouvante, marquée par plusieurs transferts entre groupes criminels et des conditions de détention particulièrement difficiles. «J’ai passé quatre jours dans le désert avec le premier groupe qui m’a enlevé, puis j’ai été remis au second groupe qui m’a détenu pendant environ 12 ou 13 jours, au total, dans de très mauvaises conditions. Je tiens à saluer le grand rôle et le travail formidable accomplis par l’armée algérienne. Ce fut une opération de grande envergure, très bien menée, particulièrement dans les conditions de l’environnement sahélien ; ce n’était pas une opération ordinaire. Je remercie encore une fois le gouvernement algérien et les autorités militaires. Je suis extrêmement reconnaissant pour les efforts déployés pour me sauver la vie. Sans l’armée algérienne, je serais mort aujourd’hui. Merci beaucoup», a-t-il déclaré. «Encore une fois, je remercie le président de la République ainsi que l’Algérie, son gouvernement et son armée. Je leur suis tellement reconnaissant, tellement reconnaissant !», a-t-il ajouté. Le ressortissant allemand insiste notamment sur «les conditions de l’environnement sahélien» et qualifie l’intervention de «grande envergure».

De Gilbert Navarro à Sinan Ulumaskan

Cette nouvelle affaire fait écho à celle du ressortissant espagnol, Joaquín Gilbert Navarro Cañada, enlevé en janvier 2025, dans l’Extrême sud algérien. Après sa libération dans la zone sahélienne, il avait été remis aux autorités algériennes au niveau de Tinzaouatine, avant d’être transféré par avion militaire à Boufarik. Le lendemain, il apparaissait à Alger aux côtés de responsables algériens et de l’ambassadeur d’Espagne. Il avait alors remercié les autorités algériennes pour leur prise en charge. Deux opérations, deux nationalités et deux contextes différents, mais une même réalité géographique : l’Algérie se trouve au contact direct d’un Sahel où la criminalité transfrontalière, les groupes jihadistes et les trafics constituent une menace permanente. Dans cet environnement, l’opération ayant permis de récupérer le ressortissant allemand vient conforter une réalité stratégique : l’Algérie ne se contente pas d’être une puissance riveraine du Sahel. Par sa profondeur territoriale, son dispositif militaire dans le Sud, notamment celui de la 6e Région militaire, son expérience du renseignement et sa connaissance des chemins sahariens, elle dispose d’atouts déterminants pour agir dans cet espace complexe. La récupération de Sinan Ulumaskan, suivie de son transfert sécurisé d’In Guezzam vers Boufarik, en apporte une nouvelle illustration. Et le témoignage de l’intéressé lui-même résume l’enjeu.

S. LESLOUS

 

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